Pendant des millénaires, les forêts de l’Ontario ont été formées par d’importantes perturbations comme les incendies de forêt et des facteurs climatiques comme la sécheresse, les vents violents et les tempêtes de verglas. Conséquemment, on recense de vastes étendues
peuplées d’une ou plusieurs essences qui ont appris à se régénérer après de telles catastrophes; dans la forêt boréale, ces essences sont, entre autres, l’épinette noire, le pin gris et le peuplier, tandis que dans la forêt des Grands-Lacs et du Saint-Laurent il s’agit du pin blanc et du pin rouge.
Dans ces forêts, les insectes nuisibles indigènes comme la tordeuse des bourgeons de l’épinette et la livrée des forêts ont aussi eu une incidence sur la nature du couvert forestier. Bien que l’étendue, l’emplacement et la gravité des infestations aient été variables, ces insectes ont ravagé de nombreux paysages forestiers très variés.
Bien entendu, les forêts ont aussi continué de changer d’aspect en raison des activités humaines. Dans la forêt caducifoliée et dans certains secteurs méridionaux de la forêt des Grands-Lacs et du Saint-Laurent, l’utilisation par les Autochtones du feu et la culture du maïs, du haricot, de la courge et du tabac ont contribué à déterminer l’aspect des forêts pendant le millénaire précédant l’arrivée des premiers colons européens.
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Le parc Algonguin est très apprécié par les canoteurs et les campeurs originaires des États-Unis et du Canada. Cette zone abrite un mélange harmonieux d’aires où la récolte est interdite et de forêts exploitées. |
guerres napoléoniennes et, d’autre part, pour répondre à la demande du marché américain en plein essor depuis le milieu du XIX e siècle. Pendant cette même période, une bonne partie des forêts du sud de l’Ontario a été déboisée pour faire place à l’agriculture, ce qui a également conduit à de graves érosions occasionnées par l’action du vent et de l’eau sur des zones de terres sableuses.
Quand on s’est aperçu que les forêts de pins ainsi surexploitées, et incendiées parfois volontairement par les colons, ne se régénéraient pas, on a vraiment commencé à s’inquiéter. Le mouvement écologique qui avait pris naissance au début des années 1800 a pris de l’ampleur et a mené, en 1893, à la création du parc Algonquin.
Algonquin Park - cette étendue de terre d’abord réservée à titre de ... « parc public et de réserve forestière, de réserves de chasse et pêche, de stations de cures et de terrains de loisirs » pour le plus grand plaisir de la population de la province s’est révélée, par la suite, une importante source d’approvisionnement en bois d’œuvre.
L’exploitation forestière s’est poursuivie dans le parc depuis 1975 sous la gestion prudente de l’Agence de foresterie du parc Algonquin.
Un intérêt plus marqué pour l’écologie a aussi mené à la création d’un service provincial de lutte contre les incendies de forêt.
Dans les zones agricoles du sud, le reboisement de terrains érodés et d’exploitations agricoles marginales a été accompli par le biais de forêts municipales — parmi les premières du genre au Canada.
De manière significative, le mouvement a aussi été à l’origine de l’établissement de la première faculté de foresterie au Canada, en 1907, à l’Université de Toronto.
Cinquante ans plus tard, l’Association des forestiers professionnels de l'Ontario a été créée pour « …promouvoir et perfectionner les connaissances et les compétences
de ses membres… ». En 2000, l’association est devenue l’organisme chargé d’attribuer les permis, ayant l’autorité et la responsabilité de faire respecter par ses membres la réglementation concernant la pratique de la foresterie professionnelle.
