Les Forêts de l'Ontario
 

Les forêts de l’Ontario en bref

 

Introduction


Un coup d’œil à n’importe quelle carte représentant les caractéristiques naturelles de l’Ontario révèle une vaste bande de forêt qui couvre les deux tiers de la province.

 

Relativement récentes, les forêts de l’Ontario s’étendent sur des terres qui ont été formées il y a environ 15 000 ans par le déplacement des glaciers continentaux, les eaux et les vents. Les arbres ont commencé à pousser sur ce qui était alors un paysage dénudé au moment où les glaces et les eaux se sont retirées vers le sud.

 

La colonisation humaine s’est également effectuée par vagues successives : d’abord les Autochtones, puis les Européens, et plus récemment des gens du monde entier. Les importantes répercussions sur les forêts occasionnées par l’activité humaine ont fait naître des préoccupations grandissantes au cours du siècle dernier.

 

Cependent, la nature des forêts et les arbres qui les composent sont largement déterminés par la prépondérance des facteurs climatiques. Par exemple, la forêt boréale du nord de l’Ontario possède encore des vestiges de pins rouges et de pins blancs, essences caractéristiques des forêts plus au sud comme celles des Grands-Lacs et du Saint-Laurent. Leur présence témoigne d’une autre ère, il y a quelque trois ou quatre mille ans, alors qu’un réchauffement climatique important a permis la migration vers le nord de telles essences arboricoles.

 

Les régions forestières de l'Ontario

 

Le paysage ontarien se caractérise par ses forêts. On retrouve des forêts de feuillus dans le sud de la province, des forêts mixtes dans la région des Grands Lacs et du Saint-Laurent au centre et au nord-ouest de l’Ontario et des forêts boréales dominées par les conifères dans le Grand nord.

 

L’Ontario abrite quatre types de forêt ayant chacune des caractéristiques et des espèces particulières.

 

Basses-terres de la baie d’Hudson

 

La région la plus septentrionale de la province, les basses terres de la baie d’Hudson, présente

basses terres de la baie d’Hudson

Basses terres de la baie d’Hudson

un paysage végétal de toundra subarctique, peuplé d’épinettes noires, d’épinettes blanches et de saules. Cette région représente une vaste étendue de terre humide au relief plat dont la superficie est la plus importante du monde. S’étendant sur 26 millions d’hectares (soit le quart de la superficie provinciale), les basses-terres de la baie d’Hudson sont composées à la fois de terrains marécageux boisés et non boisés (plus des deux-tiers de sa superficie) et d’innombrables petits lacs et étangs.


La forêt productive couvre moins de 25 pour 100 du territoire et elle est généralement composée de mélèzes laricins rabougris et d’épinettes noires qui poussent le long des berges des rivières et dans d’autres zones bien drainées. Abritant la totalité de la toundra ontarienne (284 000 ha), les basses-terres de la baie d’Hudson subissent fortement l’influence du climat froid du Nord.

Les basses-terres de la baie d’Hudson englobent 20 pour 100 des forêts de l’Ontario. Cette région est fréquentée par le caribou des bois, l’ours blanc, le renard arctique et le lièvre arctique. En été, des millions d’oiseaux migrateurs y nichent, notamment la bernache du Canada, l’oie des neiges, le lagopède des saules et d’autres canards de mer.

Forêt boréale

 

Au sud des basses terres de la baie d’Hudson se trouve la forêt boréale ontarienne, la plus importante région forestière de l’Ontario et du Canada. En Ontario, cette forêt s’étend de

Forêt boréale

Forêt boréale

l’extrémité nord de la forêt des Grands Lacs et du Saint-Laurent aux basses-terres de la baie d’Hudson.

 

Couvrant une superficie de 50 millions d’hectares, la forêt boréale est la plus grande région forestière de l’Ontario puisqu’elle contient les deux-tiers des forêts de l’Ontario. Les principales essences de conifères qu'on y trouve sont l’épinette noire et l’épinette blanche, le pin gris, le sapin baumier, le mélèze et le thuya occidental; les principales essences d’arbres à feuilles caduques sont le peuplier et le bouleau blanc. Ces forêts ressemblent beaucoup à celles qu’on trouve dans le nord du Minnesota et dans certaines régions du haut Michigan.

 

Le terrain de la forêt boréale est varié. On retrouve des tourbières dans les basses terres, des sols fertiles et profonds dans les terres hautes et du substrat rocheux recouvert de minces couches de sol et de mousse.

 

Les feux de forêt sont une importante force écologique dans la région. La plupart des essences de la forêt boréale se régénèrent naturellement et produisent de jeunes forêts après un feu, une inondation, une tempête de vent ou des dégâts causés par les insectes. Ces éléments naturels détruisent souvent tous les arbres sur une grande superficie et laissent derrière eux un ensemble complexe de parcelles de terrain de tailles variées. Cette structure crée des conditions favorables à l’établissement et à la croissance de semis, formant ainsi souvent des forêts équiennes à essence unique.

 

La forêt boréale compte pour environ 25 pour 100 des forêts très denses dans le monde. Du point de vue géologique, la forêt boréale est assez nouvelle. La plus grande partie du Canada était recouverte de glaciers jusqu’il y a près de 13 000 ans. La forêt boréale s’est bien établie dans le nord du Canada il y a seulement environ 5 000 ans.

 

La forêt boréale comprend 59 pour 100 des forêts de l’Ontario.

Elle abrite une vaste gamme d’espèces sauvages, notamment des prédateurs comme l’ours noir, le loup et le lynx, des ongulés de grande taille, comme l’orignal et le caribou, une myriade d’oiseaux allant de l’imposante chouette lapone au minuscule troglodyte mignon, de même que de nombreux mammifères de petite taille, comme la martre d’Amérique, le lièvre d’Amérique, le renard roux et le porc-épic. De plus, cette forêt renferme des centaines d’espèces de plantes, y compris des fougères, des mousses, des champignons, des arbustes et des herbes. 

Forêt des Grands Lacs et du St-Laurent

 

Vient ensuite la forêts des Grands Lacs et du Saint-Laurent, la deuxième en importance en Ontario, où poussent des essences arboricoles et une végétation arbustive très variées. La

Forêts des Grands Lacs et du Saint-Laurent

forêt des Grands Lacs et du Saint-Laurent longe le fleuve Saint-Laurent en traversant le Centre de l’Ontario jusqu’au lac Huron; elle s’étend à l’ouest du lac Supérieur le long de la frontière du Minnesota. La région couvre approximativement 20 millions d’hectares du territoire ontarien, dont les deux-tiers sont des forêts productives. Ce territoire renferme un mélange de paysages et d’espèces de plantes et d’animaux. Il s’agit d’une zone transitionnelle entre la forêt méridionale de feuillus de l’Est de l’Amérique du Nord et la forêt boréale de conifères.

 

Dans cette région, des conifères comme le pin blanc, le pin rouge, la pruche du Canada et le thuya occidental se mélangent souvent avec des essences à feuilles caduques comme le bouleau jaune, l’érable rouge, l’érable à sucre, le tilleul d’Amérique et le chêne rouge. On y retrouve également des essences qui préfèrent généralement la forêt boréale comme l’épinette blanche, l’épinette noire, le pin gris, le tremble et le bouleau blanc. Cette forêt renferme plusieurs espèces de champignons, de fougères, de mousses et d’arbustes.

La forêt des Grands Lacs et du Saint-Laurent comprend 20 pour 100 des forêts de l’Ontario. La forêt des Grands Lacs et du Saint-Laurent est fréquentée par une variété d’espèces fauniques, y compris le cerf de Virginie, l’orignal, l’ours noir, le loup, le grand pic, divers oiseaux migrateurs, le castor, le rat musqué, la loutre et plusieurs autres mammifères, oiseaux, poissons et insectes.

Forêt de feuillus

 

Située au nord du lac Érié, la forêt de feuillus est la plus méridionale des forêts ontariennes. Bien qu’elle abrite la plupart des espèces d’arbres et d’arbustes qui poussent dans la forêt des

Forêt de feuillus

Grands Lacs et du Saint-Laurent, on y trouve aussi les essences suivantes : le noyer noir, le noyer cendré, le tulipier d’Amérique, le magnolier acuminé, le nyssa sylvestre, ainsi que de nombreuses variétés de chênes et de caryers, le sassafras et le gainier rouge, essences qu’on trouve couramment en Ohio, en Pennsylvanie ainsi qu’en Caroline du Nord et du Sud. Même si elle couvre moins de 1 pour 100 de la masse terrestre du Canada, la région accueille maintenant plus de 25 pour 100 de la population canadienne.

 

La plus grande partie de la forêt originale de feuillus a été déboisée par les premiers colons européens parce que le sol fertile et le climat modéré de cette région se prêtaient très bien à l’agriculture. De nos jours, plus de 90 pour 100 des 10 millions d’Ontariens vivent dans le sud de la province. Cette région ayant été fortement déboisée, on y retrouve surtout des petits boisés épars sur des terrains peu cultivables. Depuis 100 ans, on se consacre à l’entretien et l’amélioration des forêts de cette région. Les activités de plantation d’arbres effectuées sur des terres agricoles abandonnées, dans le cadre de divers programmes, ont abouti à la création de 130 000 hectares de terrains boisés. Par ailleurs, une superficie analogue de nouvelle forêt a été établie sur des terres privées consécutivement à des ententes avec les propriétaires fonciers.

C’est dans cette région que l’on retrouve les formes de vie forestières les plus diverses en Ontario. On y recense des espèces de mammifères, d’oiseaux, de plantes et d’insectes qui ne vivent dans aucune autre partie du Canada, par exemple, le sassafras officinal et le tulipier d’Amérique, le petit polatouche et le pic à ventre roux. Plusieurs espèces de reptiles et d’amphibiens sont également présents dans la région, comme la couleuvre obscure, la couleuvre tachetée et la rainette criarde.