Forest Health Conditions in Ontario, 2011 « État de santé des forêts en Ontario »

En Ontario, la surveillance de la vitalité forestière est effectuée dans le cadre d’un partenariat entre le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (MRN), Ressources naturelles Canada et le Service canadien des forêts (SCF). Cette collaboration fédérale-provinciale existe depuis les années 30 et a été adoptée formellement en vertu d’une série de protocoles d’entente.

 

 

La surveillance de l’état de santé des forêts de l’Ontario et la production de rapports à ce sujet exigent notamment que soient examinés les événements et les perturbations indigènes et envahissants d’origine biotique (p. ex., insectes et maladies) et abiotique (p. ex., phénomènes météorologiques violents). Le Programme de surveillance repose sur des placettes d’échantillonnage permanentes et temporaires, des études sur les plantations et la cartographie aérienne des principaux îlots forestiers perturbés. Les îlots forestiers visés sont les suivants : terres de la Couronne situées en territoire ontarien, biens fonciers fédéraux, territoires des Premières nations, parcs, terres privées et agglomérations urbaines. De plus, le prélèvement ponctuel d’échantillons des insectes et des maladies permet de maintenir une base de données sur l’occurrence de ceux ci dans la province.

 

Détails

(document intégral en anglais)

 

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Forest Health Conditions in Ontario, 2011 « État de santé des forêts en Ontario 2011 » (date de publication mars 1 2012) (PDF, 6.8MO 109pages)

 


Sommaire  

 

Le Rapport d'état de santé des forêts présente les résultats de la surveillance et des relevés annuels menés par le partenariat de surveillance de la santé forestière de l'Ontario. Il est publié par le MRNO dans le cadre d'un partenariat liant le MRNO et le SCF. Le rapport s'inscrit en prolongement de la série de rapports annuels de surveillance de la santé des forêts produite par le SCF de 1995 à 2003, qui était précédée par les rapports annuels du Relevé des insectes et des maladies des arbres, également produits par le SCF. Le rapport se divise en chapitres explorant les perturbations majeures des forêts, les espèces envahissantes et les rapports régionaux issus des trois régions administratives du MRNO.

 

Résumé des évènements de 2011 :

 

Évènements météorologiques extrêmes

 

Plusieurs évènements météorologiques extrêmes ont causé en 2011 des dommages tant aux forêts qu'aux bâtiments et aux infrastructures. Il a été fait état de 17 tornades dans la province, comparativement à la moyenne annuelle qui se situe à 13. Une tornade de force F4 a frappé Goderich le 21 août, la plus forte à s'abattre sur l'Ontario en 15 ans. La tornade a ensuite pénétré 20 km à l'intérieur des terres en laissant un sillon d'une largeur atteignant parfois 1,5 km. En plus de causer un décès, cette perturbation atmosphérique a endommagé des bâtisses et des structures dans la municipalité et couché des zones forestières sur son passage. D'autres tornades ont frappé près de Gananoque, au nord-ouest de London, près de Cambridge, dans la partie sud-ouest du comté de Grey, près de Watford, dans l'est du comté de Lambton, près de Missinabie, au nord-est de Wawa, et dans la zone de Goose Lake, au nord-ouest de l'Ontario.

 

Le temps sec dans le nord-ouest ontarien a provoqué des symptômes visibles d'intense sécheresse. Pour la première fois en plusieurs années, la sécheresse a été tellement répandue et ininterrompue qu'elle pouvait être cartographiée du haut des airs. La plus grande partie de la région touchée s'étendait du nord-est de Sioux Lookout en direction nord-ouest et menaçait les peuplements forestiers de chaque côté du lac Seul. La zone touchée englobe 360 900 ha.

 

Infestations d'insectes

 

L'épidémie de tordeuses du pin gris (Choristoneura pinus pinus Free.), qui a commencé en 2004 pour culminer en 2007, a continué de décroître en 2011. La défoliation ne s'est produite que faiblement par petits îlots dans chacune des trois régions. Cette défeuillaison de 27 765 ha en 2011 représente un recul de 40 % par rapport à celle de 2010 qui touchait 44 968 ha. La défoliation s'est poursuivie pour les districts de Sudbury et de Timmins dans la région Nord-Est, pour le district de Sioux Lookout dans la région Nord-Ouest, ainsi que dans la région Sud, pour le district de Parry Sound. Étant donné le déclin constant de l'épidémie de tordeuses du pin gris ces dernières années, on ne s'attend qu'à une faible défoliation en 2012 dans la majeure partie de l'Ontario, bien qu'il puisse y avoir d'irréductibles îlots dans chacune des trois régions.

 

Cet affaissement est typique des flambées de ces insectes, qui se caractérisent par deux ou trois années de défoliation intense dans une zone donnée, suivies d'affaissements abrupts de la population. L'épidémie actuelle a commencé dans la région Nord-Est en 2004, pour lentement progresser sur plusieurs années. Dans la région Nord-Ouest, l'épidémie a commencé un an plus tard et a entraîné une rapide progression de la défoliation. Dans les deux régions, la défoliation dans une zone a persisté durant deux à trois ans, avec un affaissement dans une zone suivi d'une recrudescence de la défoliation dans une autre partie de la région. Dans l'ensemble, la région Sud a affiché beaucoup moins de défoliation, mais comme pour la région Nord-Est, les populations se sont accrues ici beaucoup plus graduellement que celles de la région Nord-Ouest. La défoliation a culminé en 2007 au point où une zone de 740 116 ha modérément à intensément défoliée a été cartographiée par voie aérienne. Dans la région Sud, l'épidémie de tordeuses du pin gris a aussi été particulièrement localisée, avec une défoliation intense dans Algonquin Park et le parc provincial Bonnechère, de même que sur la rive est de la baie Georgienne à l'est de l'autoroute 69.

 

L'épidémie de tordeuses des bourgeons de l'épinette (Choristoneura fumiferana Clem.) a continué sa progression variable en se concentrant dans la région Nord-Est. Une défoliation modérée à intense a touché une zone de 242 921 ha en 2011. Cela représentait une baisse de 40 % par rapport aux 412 320 ha observés en 2010. À l'inverse, la défoliation de 2010 représentait une hausse de 40 % par rapport aux 291 592 ha ravagés en 2009. Bien que cette épidémie ait continué pendant plusieurs années, la défeuillaison actuellement attribuable à la tordeuse d'épinette n'a pas encore gagné l'ensemble de la province, au contraire de l'épidémie précédente qui a culminé en 1981 pour toucher plus de 18 millions d'hectares. Néanmoins, la mortalité forestière a continué de frapper la zone touchée de la région Nord-Est, avec une mortalité cumulative d'épinettes blanches et de sapins baumiers couvrant jusqu'à 182 512 ha en 2011.

 

Les épidémies de la livrée des forêts (Malacosoma disstria Hübner) sont cycliques en Ontario et se produisent toutes les dix à douze années. Cet insecte se manifeste actuellement de façon endémique dans la plus grande partie de la province, avec une nouvelle épidémie prévue commencer dans les deux ou trois prochaines années. Depuis 2009, une défoliation attribuable à la livrée des forêts s'est produite dans la région Sud, mais elle n'a pas encore atteint le stade d'épidémie générale. Bien que cette région ait commencé par afficher 8912 ha de défoliation modérée à intense au nord de Kingston en 2009, cette zone n'a depuis connu aucune défoliation. La défeuillaison de 2009 a cependant été suivie par une défoliation modérée à intense de 60 427 ha en 2010 et de 54 623 ha en 2011. Tant en 2010 qu'en 2011, des ilots éparpillées de défoliation se sont présentées entre Bancroft ouest jusqu'a la péninsule de Bruce et Goderich. Dans la plupart des cas, ce ne sont pas les mêmes peuplements qui étaient décimés d'une année à l'autre. Par conséquent, on ne peut affirmer avec certitude que cela puisse représenter le début d'une épidémie provinciale généralisée.

 

Plusieurs autres insectes ont soutenu une défoliation localisée dans diverses parties de l'Ontario. Dans la plupart des cas, par contre, les populations d'insectes forestiers ont été relativement faibles comparativement à 2010. Cela est probablement attribuable aux conditions climatiques fraîches et humides en 2009 et 2010, qui ont favorisé la croissance des arbres et stoppé ou ralenti la multiplication et la progression phénologique des insectes.

 

Une zone étendue faisait exception où septorioses du blé (Septoria betulae) et squeletteuses du bouleau (Bucculatrix pometaria [Harr.]) provoquaient le jaunissement et le brunissement prématurés des feuilles du bouleau à papier. Pour une deuxième année de suite, cet évènement de fin de saison se produisait dans la région Nord-Ouest. Les feuilles de presque tous les bouleaux à papier des peuplements touchés de la région abritaient l'une ou l'autre de la septoriose et de la squeletteuse, voire même ces deux espèces.

 

Maladies foliaires

 

Le temps chaud et sec en 2011 ne favorisait pas les maladies foliaires, surtout si l'on compare avec l'année 2009, qui a vu ces affections se répandre à un point tel que les régions touchées pouvaient être cartographiées du haut des airs pour la première fois. Le brunissement du pin blanc a encore été observé en Ontario, mais il s'est moins répandu que lors des années précédentes. Au contraire de 2009, l'ampleur du brunissement du pin blanc ne suffisait pas à permettre la cartographie aérienne de la zone touchée. Le programme de santé des forêts et l'Institut de recherche forestière de l'Ontario ont continué d'œuvrer avec le Centre de foresterie des Laurentides du Service canadien des forêts à la détermination des causes de ce phénomène.

 

Dépérissement des arbres

 

En 2009 et 2010, le déclin et la mortalité des peupliers faux tremble ont été observés à grande échelle dans la région Nord-Ouest. Le dommage a pris la forme de peupliers d'apparence maladive affichant un amenuisement des cimes et un dépérissement des rameaux menant, dans certains cas, à la mort. En 2009, un déclin de l'ordre de 3 803 807 ha des peupliers faux tremble a été observé de Fort Frances à Red Lake et Geraldton. En 2010, le ravage s'est accru à 12 767 043 ha de déclin léger et à 3 114 134 ha de déclin intense touchant tous les districts de la région. Il n'y avait cependant aucune évidence de déclin du peuplier faux tremble en 2011. La plupart de ces peupliers se sont bien rétablis, affichant des cimes pleinement fournies et des feuilles de taille normale. Seulement 3117 ha de déclin intense du peuplier faux tremble ont été cartographiés des airs en 2011. Des parcelles expérimentales d'état de santé du peuplier faux tremble ont été établies en 2010 et 2011 pour sonder l'ampleur du déclin et déterminer la ou les causes possibles du phénomène.

 

Relevés d'espèces exotiques envahissantes

 

Les relevés d'espèces exotiques envahissantes se sont poursuivis en 2011. À cela faisait exception le relevé effectué depuis 2005 du sirex européen du pin (Sirex noctilio F.). Ce relevé n'a pas été fait en 2011. Aucune nouvelle manifestation de cet insecte n'a été signalée lors des relevés de 2008 et 2009 réalisés par le MRNO avec le soutien financier de l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA). Ces relevés ont été réalisés à l'aide de pièges à entonnoir Lindgren abritant des leurres d'appâtage de pinène alpha et bêta, ce qui représente la meilleure option actuellement offerte, méthode qui s'avère cependant peu efficace pour attirer le sirex européen du pin. À la suite de la perte du soutien financier de l'ACIA en 2010, le MRNO a mené un projet avec le SCF visant à couper et conserver des tronçons d'arbres suspects. Ces arbres ont été coupés dans des sites de relevé et placés dans des cages d'observation, puis surveillés pour déceler l'émergence du sirex noctilio F. Aucun sirex européen du pin n'a émergé de ces prélèvements effectués en 2010 et surveillés jusqu'en 2011 à l'égard d'une manifestation possible de l'insecte. Étant donné que les arbres suspects ont été coupés dans des zones que l'on soupçonne être les plus actives de l'aire de répartition de l'insecte, on ignore si l'absence de sirex noctilio des tronçons est attribuable à une non-infestation des arbres ou à une méthode de conservation qui n'a pas réussi à faire émerger ces insectes.

 

Le longicome étoilé de Chine (Anoplophora glabripennis Motschulsky), découvert pour la première fois en 2003 aux abords de Toronto et de Vaughan, a continué de faire l'objet d'une éradication active. Ce programme radical de relevé et d'élimination piloté par l'ACIA a été suivi par des relevés annuels de la part d'intervenants municipaux à la recherche du longicome ou d'arbres infestés. Ce travail a bénéficié de la direction de l'ACIA et de l'orientation scientifique d'un comité de scientifiques présidé par le SCF. Aucun longicome étoilé de Chine ni arbre manifestant des signes ou des symptômes d'infestation n'a été découvert lors de relevés en 2011. Cette année est la quatrième à ne voir aucune nouvelle découverte de cet insecte, ce qui signifie que les chances demeurent élevées de conclure à une éradication complète.

 

À l'opposé, l'argile du frêne (Agrilus planipennis Fairmaire) a continué de se répandre et de décimer les forêts. Un piège vert à prisme abritant un appât volatile de couleur vert feuille a capturé un seul coléoptère à deux endroits : près de Sheguindah, sur l'île Manitoulin, et près de Wendover, dans le comté de Prescott-Russell. Le déclin et la mortalité du peuplement forestier de l'ordre de 62 616 ha de 2004 à 2011 ont été cartographiés du haut des airs dans plusieurs îlots du sud-ouest ontarien. La cartographie aérienne a révélé l'ajout de 753 ha pour la première fois dans l'est de l'Ontario aux alentours d'Ottawa.

 

Programmes de lutte contre les insectes nuisible

 

Un seul programme de lutte antiparasitaire a été mené par le MRNO en 2011. Le programme d'isolement du grand hylésine des pins (Tomicus piniperda [L.]), une espèce envahissante provenant d'Europe, a continué en 2011, avec 39 sites le long du bord d'attaque de l'infestation. Les estimations de la population à partir des tronçons d'appâtage, combinées avec des relevés visuels d'attaques d'hylésines, indiquent que le programme a réussi à maintenir les populations à de faibles niveaux, puisque très peu de coléoptères (< 10) ont été découverts à chaque site. Au vu des pièges à entonnoir Lindgren et des relevés visuels de 2011 et d'années précédentes, aucun grand hylésine des pins n'a été découvert au nord de cette ligne d'attaque, ce qui indique que l'insecte est confiné au sud.

 

Projets de recherche sur la vitalité des forêts

 

Plusieurs projets de recherche et de contrôle de l'état de santé ont été lancés en 2011 avec le soutien du personnel affecté sur place à la santé des forêts. Les résultats de ces projets sont publiés selon leur pertinence par la tête dirigeante scientifique et dépassent la portée de ce rapport. Ces projets comprennent :

 

  • Étude CIPHA (étude des impacts du climat sur la productivité et la santé du peuplier faux tremble) annuelle de parcelles expérimentales au nord de l'Ontario, en partenariat avec le Centre de foresterie du Nord du SCF.
  • Mise à l'essai de méthodes de détection de l'argile du frêne.
  • Mise à l'essai d'une méthode de détection de l'agrile européen du chêne (Agrilus sulcicollis Lacordaire).
  • Élaboration d'une méthodologie d'établissement de l'ADN des noyers cendrés résistant au chancre du noyer cendré.
  • Évaluation de la phéromone, du type et de l'emplacement de piège optimalement appropriés à la tordeuse du pin gris.
  • Mise en place de tronçons de pin blanc dans des peuplements infestés de dendroctones du pin ponderosa (Dendroctonus ponderosae Hopkins) en Alberta pour vérifier l'adéquation du pin blanc à titre d'hôte privilégié par le coléoptère.
  • Prélèvement de feuillage de pin gris en vue de l'analyse de l'ADN de toute l'aire de l'espèce.
  • Prélèvement de papillons de la tordeuse des bourgeons de l'épinette en vue de l'analyse de l'ADN de toute l'aire de l'espèce.
  • Essai en nature d'une phéromone du pamphile introduit du pin (Acantholyda erythrocephala [L.])