En Ontario, la surveillance de la vitalité forestière est effectuée dans le cadre d’un partenariat entre le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (MRN), Ressources naturelles Canada et le Service canadien des forêts (SCF). Cette collaboration fédérale-provinciale existe depuis les années 30 et a été adoptée formellement en vertu d’une série de protocoles d’entente.
La surveillance de l’état de santé des forêts de l’Ontario et la production de rapports à ce sujet exigent notamment que soient examinés les événements et les perturbations indigènes et envahissants d’origine biotique (p. ex., insectes et maladies) et abiotique (p. ex., phénomènes météorologiques violents). Le Programme de surveillance repose sur des placettes d’échantillonnage permanentes et temporaires, des études sur les plantations et la cartographie aérienne des principaux îlots forestiers perturbés. Les îlots forestiers visés sont les suivants : terres de la Couronne situées en territoire ontarien, biens fonciers fédéraux, territoires des Premières nations, parcs, terres privées et agglomérations urbaines. De plus, le prélèvement ponctuel d’échantillons des insectes et des maladies permet de maintenir une base de données sur l’occurrence de ceux ci dans la province.
Détails
(document intégral en anglais)
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Sommaire
Le rapport de 2009 sur l’état de santé des forêts (Forest Health Conditions Report) présente les résultats des enquêtes annuelles et des activités de surveillance menées par le partenariat de surveillance de la vitalité forestière en Ontario. Publié par le ministère des Richesses naturelles (MRN) dans le cadre du partenariat établi entre le MRN et le Service canadien des forêts (SCF), ce document fait suite à une série de rapports annuels sur la vitalité forestière produits par le SCF de 1995 à 2003, lesquels étaient précédés de relevés annuels sur les insectes forestiers et les maladies des arbres, aussi produits par le SCF.
Le rapport est divisé en chapitres traitant de perturbations forestières importantes, d’espèces envahissantes et de rapports régionaux de chacune des trois régions administratives du MRN (figure 1.1). Les principales perturbations forestières sont causées par des insectes, des maladies ou des conditions météorologiques qui touchent de très vastes secteurs, qui ne sont pas particuliers à une région (p. ex., tempêtes) ou qui ne touchent pas ou n’ont pas touché plus d’une région. Le présent chapitre décrit les événements ayant une signification à l’échelle provinciale. Les espèces envahissantes ne sont pas indigènes en Ontario et elles ont la capacité prouvée ou potentielle d’exercer des effets préjudiciables sur la vitalité des forêts, la santé des arbres, le fonctionnement d’un écosystème ou les valeurs sociales ou économiques. Les chapitres concernant chaque région abordent l’état de santé des forêts de la région visée, mais ne mentionnent pas les principales perturbations forestières ni les espèces envahissantes.
Dans chaque chapitre, les insectes et les maladies sont indiqués en ordre alphabétique et par leur nom scientifique. Un index des espèces est inclus pour aider les lecteurs à trouver une espèce en particulier. Le nom commun est utilisé dans le rapport, sauf dans les cas où le nom scientifique est le seul connu. Le nom latin et une autorité scientifique sont également indiqués la première fois qu’une espèce est mentionnée dans un chapitre. Par la suite, on utilise le nom commun de l’insecte, de la maladie ou de la plante.
RÉSUMÉ DES ÉVÉNEMENTS DE 2009
Événements météorologiques
En 2009, les conditions météorologiques ont été un facteur déterminant de l’état de santé des forêts. Le temps frais et pluvieux que de nombreuses régions de la province ont connu durant la saison de croissance a été favorable au développement de plusieurs champignons qui ont entraîné des maladies foliaires communes aux conifères et aux feuillus. Ces conditions ont également favorisé la croissance des arbres, mais retardé le développement des insectes. La défoliation attribuable aux insectes a souvent été difficile à observer lors des relevés de cartographie aérienne. Dans certains cas, la défoliation n’était pas aussi importante que prévue ou la coloration des feuilles endommagées n’était pas très visible, car le feuillage touché avait tardé à sécher. En ce qui a trait aux insectes qui se nourrissent de feuillage, comme la tordeuse des bourgeons de l’épinette et du pin gris, les pluies ont fait tomber les aiguilles endommagées sur lesquelles l’observateur aérien se fie habituellement pour détecter la défoliation. Les maladies foliaires étaient non seulement plus répandues, mais le champignon Entomophaga maimaiga a bénéficié du temps frais et pluvieux pour se développer et exterminer la population de la spongieuse (Lymantria dispar L.) dans tout le Sud de l’Ontario.
En 2009, de nombreux phénomènes météorologiques extrêmes ont causé des dommages aux forêts ainsi qu’aux édifices et aux infrastructures. À la fin de l’hiver, de fortes chutes de neige ont endommagé 730 hectares dans des plantations de pin rouge (Pinus resinosa Ait.), de pin blanc (P. strobus L.) et de pin sylvestre (P. sylvestris L.) situées entre Penetanguishene et Barrie. La cime des arbres a été cassée et des troncs ont été courbés, écrasés ou brisés net. Des dommages semblables se sont produits dans des peuplements mixtes du Nord-Ouest de l’Ontario, près de Terrace Bay, où une tempête de verglas a abattu et fait ployer des arbres sur une superficie de 9808 hectares.
Malgré le temps frais de l’été 2009, la région du Nord-Ouest a été le théâtre, le 9 juillet, de cinq tornades qui ont causé des dégâts sur quelque 7270 hectares de forêts. Deux hommes ont perdu la vie lorsqu’une des tornades a soulevé leur camp de pêche et l’a précipité dans l’eau du lac Seul. On a abondamment parlé dans les médias de la tornade du 20 août qui a endommagé 677 hectares de forêts au sud d’Owen Sound et touché des zones urbaines. Une autre tornade a également frappé la rive sud du lac Nipissing.
Infestation d’insectes
Depuis 2004, la tordeuse du pin gris (Choristoneura pinus pinus Free.) connaît une prolifération dans certaines parties de la province. Dans la région du Nord-Ouest, la flambée a été suivie d’une période typique de 2 à 3 ans d’infestation de modérée à grave dans un secteur donné, puis d’une chute de la population. Cette baisse a précédé une hausse de la population dans les régions avoisinantes, car la prolifération a progressé de son point initial près de Fort Frances et s’est déplacée à Kenora, à Dryden et à Atikokan, puis à Red Lake et à Sioux Lookout.
Dans la région du Nord-Est, la prolifération de la tordeuse du pin gris a été beaucoup plus lente, même si la défoliation a été observée pour la première fois en 2004 dans ce secteur. Les populations sont demeurées relativement faibles et confinées dans la zone. Toutefois, en 2008, la défoliation dans le secteur de la jonction des routes 144 et 560, au sud de Gogama, a touché des peuplements de pin gris de grande valeur et causé la mort d’un grand nombre d’arbres.
Dans la région du Sud, la prolifération de la tordeuse du pin gris a créé des pertes sur un secteur circonscrit, bien qu’on ait observé des foyers de défoliation grave, comme dans le parc Algonquin et le parc provincial Bonnechere.
En 2009, la tordeuse du pin gris a continué à envahir toutes les régions. Ainsi, les superficies touchées sont passées de 168 453 hectares en 2008 à 205 701 hectares où une défoliation modérée à grave a été observée. Bien qu’il y ait eu une augmentation générale des zones touchées, plusieurs secteurs qui étaient défoliés en 2008 ne l’ont pas été en 2009. La défoliation de 2009 est très inférieure au maximum de 740 116 hectares observé en 2006. D’après les relevés des larves hivernantes effectués à l’automne 2009, l’apparition de foyers de défoliation est à prévoir en 2010. C’est dans le Sud de l’Ontario, près de Parry Sound et du parc provincial Bonnechere, qu’on devrait observer les populations les plus élevées. Dans l’ensemble, cependant, on s’attend à une diminution de la population de la tordeuse du pin gris en 2010.
Les populations de la tordeuse des bourgeons de l’épinette (Choristoneura fumiferana Clem.) sont demeurées faibles dans la plupart des régions de l’Ontario en 2009, comparativement au maximum de plus de 18 millions d’hectares qui avait été observé en 1981. La seule exception est un secteur infesté depuis plusieurs années entre Sudbury et North Bay, où 291 592 hectares ont été défoliés en 2009. Le taux de mortalité des arbres a continué de grimper dans cette région, la superficie touchée ayant augmenté de 180 031 hectares en 2009.
L’Ontario subit des infestations cycliques de la livrée des forêts (Malacosoma disstria Hbn.), soit environ tous les 10 à 12 ans. Cet insecte, qui est actuellement à l’état endémique, devrait recommencer à proliférer dans 2 ou 3 ans. Néanmoins, en 2009, la livrée des forêts a défolié des peuplements de feuillus dans un secteur totalisant 8912 hectares au nord de Kingston, ce qui est étonnant, car cet insecte ne cause habituellement pas de défoliation si loin dans le sud de la province.
Plusieurs autres insectes ont causé une défoliation ou des dommages localisés dans diverses parties de l’Ontario, soit l’arpenteuse de Bruce (Operophtera bruceata Hlst.) sur 26 146 hectares, la tordeuse du tremble (Choristoneura conflictana Wlk.) sur 88 862 hectares et le longicorne noir (Monochamus scutellatus Say) sur 16 874 hectares.
Maladies foliaires
Le temps frais et pluvieux qui a prévalu en 2009 a entraîné une telle prolifération des maladies foliaires qu’on pouvait cartographier les secteurs touchés du haut des airs. La tache d’encre (Ciborinia whetzelli (Seaver) Seaver) a été largement répandue dans la région du Nord-Ouest, où 1838 hectares de forêts affectées par le brunissement des feuilles ont été cartographiés dans plusieurs îlots, de Red Lake à Fort Frances et à Sioux Lookout. Le rouge du pin noir (Lophodermium seditiosum Minter, Staley, and Miller) a été observé sur une superficie de 196 hectares près de Powassan, au sud de North Bay. La brûlure en bandes brunes (Mycosphaerella dearnessii M.E. Barr) a infecté 111 hectares de pins près de Midland. Un brunissement des aiguilles du pin blanc, dont la cause n’a pas été établie, était répandu, notamment dans le Nord-Ouest. Bien que le nombre d’hectares touchés n’ait pas été très élevé, ces événements étaient inhabituels en ce sens que les parcelles étaient suffisamment touchées pour qu’il soit possible de les cartographier depuis les airs.
Dépérissement des arbres
On a observé un important dépérissement et un taux de mortalité élevé du tremble dans la région du Nord-Ouest, touchant 3 803 807 hectares de Fort Frances à Red Lake et à Geraldton. On n’en connaît pas encore la cause, laquelle fera l’objet d’une étude en 2010.
Le dépérissement du frêne s’est poursuivi dans le Sud de l’Ontario, même sans la présence de l’agrile du frêne (Agrilus planipennis Fairmaire). En tout, une superficie de 3602 hectares de frênes en dépérissement a été cartographiée depuis les airs à l’est de la zone où l’agrile du frêne est responsable du dépérissement et de la mortalité des arbres. Cette situation est vraisemblablement attribuable à la sécheresse ou à d’autres facteurs météorologiques comme les températures hivernales.
Enquêtes sur les espèces exotiques envahissantes
Les enquêtes sur plusieurs espèces exotiques envahissantes se sont poursuivies en 2009. Avec le soutien financier de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA), un relevé de délimitation a été mené dans le Nord-Ouest et le Nord-Est de l’Ontario afin de détecter la présence du sirex européen du pin (Sirex noctilio F.). Tout comme en 2008, aucun nouveau cas d’infestation n’a été trouvé en 2009.
Dans le même ordre d’idées, des relevés effectués à Toronto et à Vaughan par le personnel municipal sous la direction de l’ACIA et sur les conseils du SCF n’ont permis de trouver aucun arbre infesté par le longicorne asiatique (Anoplophora glabripennis Motschulsky). Puisque nous en sommes à la deuxième année sans qu’aucun insecte ne soit observé, il est fort probable qu’il ait été complètement éradiqué.
Par contre, l’agrile du frêne a continué à se disséminer et à faire mourir des arbres. De nouveaux foyers d’infestation ont été découverts à Welland, à Pickering et à Hamilton. La mortalité des arbres a été cartographiée par voie aérienne dans de nombreux îlots, depuis Grand Bend jusqu’au comté de Norfolk au sud.
Le kudzu (Pueparia montana (Lour.) Merr. var. lobata) est une espèce végétale envahissante d’origine asiatique qui cause de graves problèmes aux États-Unis depuis des décennies. Il a été découvert au Canada en 2009, près de Leamington, où il infestait une parcelle de 120 m sur 30 m le long du rivage du lac Érié. L’infestation était telle que les plantes couvraient complètement le sol dans la zone touchée et qu’elles se répandent maintenant jusque dans un champ de soya adjacent.
Programmes de lutte contre les insectes nuisibles
Le MRNO a mis en place deux programmes de lutte contre les insectes nuisibles en 2009 : un programme d’épandage aérien visant à éliminer la tordeuse du pin gris a été mené dans le Nord-Ouest et le Nord-Est de l’Ontario, tandis qu’un programme de confinement du grand hylésine des pins (Tomicus piniperda (L.)) a été appliqué dans le Nord-Est de la province.
Dans le cadre du programme d’élimination de la tordeuse du pin gris, l’insecticide bactérien B.t.k (Foray 76B) a été appliqué à raison de 1,5 L/ha sur 22 832 hectares de peuplements de pin gris, près de Gogama, et sur 58 146 hectares, près de Red Lake. Une évaluation de l’efficacité des traitements a confirmé que le programme de protection du feuillage avait atteint l’objectif d’un taux de défoliation inférieur à 40 % dans les peuplements de pin gris de 40 ans et plus. Le programme de confinement du grand hylésine des pins provenant de l’Europe a été prolongé en 2009, sur 25 emplacements le long de la bande principale de l’infestation. Les estimations de la population d’après les billes-pièges, en plus des relevés visuels qui ont été effectués en automne pour détecter l’infestation des pousses, indiquent que le programme a pu maintenir les populations à un bas niveau, soit à un très faible nombre d’insectes (moins de 10) à chaque emplacement. L’utilisation de pièges à entonnoir Lindgren de même que les relevés visuels effectués en 2009 et les années précédentes n’ont pas permis de détecter la présence du grand hylésine des pins au nord de cette bande principale, ce qui indique que l’insecte reste confiné dans le Sud de la province.
Projets de recherche sur la vitalité des forêts
Plusieurs projets de recherche et de surveillance ont été entrepris en 2009 avec le soutien du personnel sur le terrain affecté à la vitalité des forêts. Les résultats de ces projets, qui sont publiés le cas échéant par le scientifique en chef, sortent du cadre du présent rapport. Les projets sont, notamment, les suivants :
- en partenariat avec le SCF et le Centre de foresterie du Nord, surveillance annuelle des impacts des changements climatiques sur la productivité et la santé des peupliers faux trembles (CIPHA) sur des parcelles situées dans le Nord de l’Ontario;
- laboration de méthodes de détection de l’agrile du frêne;
- essai d’une méthode de détection de l’agrile européen du chêne (Agrilus sulcicollis Lacordaire);
- élaboration d’une méthode d’identification basée sur l’ADN des sujets (Juglans cinerea L.) résistants au chancre du noyer cendré;
- formation des évaluateurs de la santé des arbres visant à leur permettre d’identifier les noyers cendrés et d’établir un pronostic de survie relative à l’infestation par le chancre du noyer cendré (Sirococcus clavigignenti-juglandacearum V.M.G. Nair, Kostichka et Kuntz);
- essai de l’efficacité de l’insecticide Gypchek pour lutter contre la spongieuse.