Le piégeage en Ontario

Introduction

Un castor adulte dans un marais
Des recherches continues donnent des données biologiques de base solides pour gérer les animaux à fourrure.
Le piégeage d'animaux à fourrure est l'une des plus anciennes activités pratiquées en Ontario. Le piégeage commercial remonte au XVIe siècle avec l'arrivée des explorateurs et des colons européens. Bien avant cette époque, le piégeage faisait partie du style de vie de nombreux peuples autochtones.


Aujourd'hui, le piégeage est toujours une activité sociale et économique importante pour de nombreux Ontariens. La province est considérée comme l'une des plus importantes sources d'approvisionnement en fourrure sauvage au monde. Le piégeage joue aussi un rôle important dans la gestion actuelle de la faune.


Une ressource renouvelable

 

Si on la gère avec sagesse, la faune est une ressource renouvelable qui peut se régénérer d'elle-même. Des pratiques de gestion judicieuses jumelées à des pratiques de piégeage sans cruauté peuvent assurer le maintien de populations et d'habitats fauniques sains. Ces pratiques peuvent aussi fournir des avantages sociaux et économiques à long terme, surtout dans les collectivités éloignées du nord de la province.


La Stratégie sur la biodiversité de l'Ontario vise à protéger notre système collectif de soutien de la vie. La Stratégie reconnaît l'engagement des trappeurs en matière de conservation en tant qu'élément clé de la gestion durable de la faune.


Réglementation du piégeage


Le piégeage en Ontario est assujetti à des règlements et politiques administrés par le ministère des Richesses naturelles (MRN). Le ministère fait appel à divers " outils " pour gérer la récolte et maintenir des populations saines. Parmi ces outils, il y a :

 

  • la formation obligatoire des trappeurs
  • les permis de piégeage
  • les saisons de piégeage ouvertes et fermées
  • les quotas de récolte
  • les zones de piégeage enregistrées
  • la recherche
  • la déclaration obligatoire de la récolte.


Formation des trappeurs


Pour être admissibles à un permis, les trappeurs doivent suivre avec succès le Programme de formation en récolte, et gestion et en conservation des animaux à fourrure. Ce cours est administré par le ministère et est offert en collaboration avec les organisations de trappeurs. Ce cours porte sur le piégeage sécuritaire et sans cruauté, les habiletés nécessaires à la survie, les techniques de préparation des peaux et les pratiques de gestion durable.


Permis de piégeage


Tout trappeur doit acheter un permis et le renouveler une fois par an. Tout permis a un numéro particulier qui permet d'identifier le trappeur et les endroits où il ou elle exerce ses activités de piégeage. Ce système permet de recueillir des données sur la récolte. Ces renseignements aident au ministère à surveiller les populations fauniques et servent à établir les saisons de piégeage et les quotas de récolte.


Saisons de piégeage


On ne peut piéger les animaux à fourrure que pendant les saisons de piégeage. Au début des années 1990, on a établi des saisons pendant lesquelles le piégeage serait permis afin d'éviter la récolte de peaux dans une condition moins qu'optimale et empêcher la récolte lorsque les jeunes animaux dépendent toujours de leurs parents pour leur survie.


Quotas de récolte


Les quotas de récolte établissent le nombre maximum d'animaux qu'un trappeur peut récolter. Ces niveaux sont établis en se fondant sur la connaissance de l'historique de vie de chacune des espèces. Des quotas annuels sont établis pour toute espèce qui pourrait être affectée par une récolte trop nombreuse ou trop faible. Pour empêcher qu'on n'attrape pas assez de Castors, par exemple, les trappeurs doivent s'engager à attraper au moins 75 % du quota de Castors qui leur a été assigné. Ceci permet de réduire les possibilités de stress, de maladie et de conflits entre les humains et les animaux sauvages comme, dans le cas du Castor, des problèmes d'inondation et l'endommagement des arbres.


Lignes de piégeage enregistrées


En Ontario, les terres de la Couronne sont divisées en plus de 2 800 zones enregistrées appelées lignes de piégeage. Le ministère assigne une ligne de piégeage particulière à tout trappeur qui fait du piégeage sur les terres de la Couronne et celui-ci détient les droits exclusifs de piégeage dans cette zone. Le trappeur peut ainsi gérer les ressources en animaux à fourrure sur une base à long terme et de façon durable. Ceci encourage une étroite collaboration entre les trappeurs et les gestionnaires de la faune du MRN. Cette coopération est la clé du succès du programme de gestion des animaux à fourrure de l'Ontario.


Une bonne part du piégeage en Ontario se fait sur les terres privées et les propriétaires fonciers ont un rôle important à jouer à cet égard. Pour faire du piégeage sur des terres privées, le trappeur doit d'abord obtenir la permission du propriétaire. Le respect de la propriété privée, de bons rapports avec les propriétaires et la compréhension du public sont essentiels pour que les trappeurs de l'Ontario puissent continuer de faire une récolte abondante de fourrure à partir des vastes terres privées de la province.


La recherche


Des recherches en continu fournissent une base biologique solide en ce qui a trait à la gestion des animaux à fourrure. La recherche peut nous offrir une meilleure connaissance des comportements des animaux et améliorer les techniques de gestion de la faune.


Déclaration du nombre d'animaux et des espèces attrapées


Les trappeurs sont les travailleurs de première ligne en ce qui a trait à la surveillance des animaux à fourrure de la province et de leurs habitats. Les trappeurs fournissent des renseignements essentiels sur la faune par l'entremise d'études scientifiques coopératives et les déclarations obligatoires de fin d'année sur la récolte des trappeurs. Ces déclarations précisent le nombre et les espèces d'animaux récoltés. En plus, ces déclarations permettent de recueillir des renseignements sur :

 

  • les tendances en matière de populations et de répartition
  • la recherche scientifique, p. ex. le programme du MRN contre la rage
  • l'étude et la surveillance des parasites et des maladies fauniques
  • le respect des quotas de récolte
  • la surveillance de la légalité des peaux canadiennes vendues sur les marchés internationaux.


Les trappeurs et la gestion de la faune
 

L'élément clé de la gestion des animaux à fourrure est la coopération. Les trappeurs, à titre individuel et par l'entremise de leurs conseils et organisations locaux et provinciaux, travaillent en collaboration avec le personnel du ministère à l'élaboration de pratiques saines de gestion de la faune.


Les trappeurs appuient les programmes en matière de poisson et de la faune


Les trappeurs contribuent financièrement aux programmes de gestion de la faune. Les fonds recueillis à partir des droits pour les permis de piégeage et les redevances des ventes aident à subventionner les programmes de protection et de surveillance partout en Ontario.


Conflits entre les humains et les animaux sauvages


La gestion de la faune peut aider à réduire le nombre de conflits entre les humains et les animaux sauvages. Parmi les exemples où la gestion de la faune peut être utile à cet égard, il y a la diminution de la prédation du bétail de la part des Coyotes et le contrôle de la rage. Certains animaux à fourrure peuvent modifier l'habitat de façon considérable en construisant des barrages (Castors) ou en causant le déclin d'espèces-proies (Pékans, Lynx). D'autres animaux à fourrure, comme les Ratons laveurs et les Moufettes rayées, peuvent causer des problèmes à l'intérieur et à l'extérieur des habitations humaines, comme en fouillant dans les poubelles.


Dans les endroits où la population de mammifères à fourrure est nombreuse (p. ex. Castors), il se peut ces animaux aient des conflits avec d'autres animaux et les humains. Par exemple, les barrages de Castors peuvent provoquer des inondations qui nuisent aux exploitations agricoles, aux forêts et aux routes. La gestion des populations d'animaux à fourrure par l'entremise du piégeage peut aider à diminuer les problèmes liés à la surpopulation, dont les maladies, la faim et les conflits entre les animaux sauvages et les humains. Le MRN intervient dans ces situations en aidant les agriculteurs et les municipalités à trouver des trappeurs pour enlever les Castors. 

Le saviez-vous?  ... de nombreux trappeurs sont aussi des pêcheurs, des chasseurs, des guides et des prospecteurs miniers. Comme ils passent une grande partie de leur temps dans la nature, ils sont « les yeux et les oreilles des terres », capables de déceler les changements subtils qui peuvent se produire avec le temps chez la faune et dans les habitats. Leurs observations font partie des activités de surveillance et d'évaluation qui soutiennent une saine gestion de la faune.

Lois sur le piégeage

  • La Loi sur la protection du poisson et de la faune (L.O. 1997, ch. 41) prévoit un cadre législatif pour la gestion et la protection des animaux à fourrure en Ontario. Elle comprend une liste des animaux à fourrure de la province (on trouve vingt-deux espèces et leurs habitats en Ontario). La liste de ces espèces se trouve à l'Annexe 1 de la Loi sur la protection du poisson et de la faune (L.O. 1997, ch. 41) et fait partie du Règlement de l'Ontario 669/98.

 

  • La Loi sur la durabilité des forêts de la Couronne protège indirectement les besoins en habitat de la plupart des animaux à fourrure dans les forêts de la Couronne.

  • La Loi sur l'aménagement du territoire : La Déclaration de principes provinciale sur la protection des caractéristiques du patrimoine naturel (ministère des Affaires municipales et du Logement, 1997) a été publiée après la Loi sur l'aménagement du territoire. Cette déclaration prévoit la protection des importants habitats fauniques ainsi que des autres caractéristiques du patrimoine naturel (p. ex. terres humides, forêts, habitats d'espèces en voie de disparition ou menacées, trajets de passage fauniques) sur les terres organisées en municipalités de la province. La plupart des terres visées par la Loi sur l'aménagement du territoire sont des terres privées.

  • L'Accord sur les normes internationales de piégeage sans cruauté gouverne la mise à l'essai et la certification des pièges utilisés en Ontario. L'Institut de la fourrure du Canada coordonne les bancs d'essai sur les pièges au nom des provinces et territoires du Canada. Les trappeurs canadiens se servent des pièges les plus perfectionnés et les plus indolores qui soient.

En Ontario, le ministère des Richesses naturelles et les trappeurs travaillent en collaboration pour en arriver à une utilisation durable des ressources fauniques.

 

Le code de conduite du trappeur fait partie d'une série de règlements que s'imposent eux-mêmes les trappeurs et qu'ils ont adoptés afin de promouvoir des habitudes désirables et l'utilisation de pièges sans cruauté.

 

Le code précise des pratiques qui dépassent les contrôles réglementaires. Il vise aussi à faire en sorte que le piégeage reste une activité acceptable pour la population.