Histoire de la gestion des terres de la Couronne

Depuis la Confédération, la gestion des terres de la Couronne et des ressources naturelles qu'elles renferment relève des gouvernements provinciaux. Des activités comme celles qui suivent ont été menées par des organismes du gouvernement de l'Ontario :

 

  • la vente de terres à des personnes qui veulent construire des fermes, des maisons ou des entreprises;
  • la réglementation de l'utilisation des ressources comme l'exploitation forestière et le piégeage des animaux à fourrure;
  • la gestion des utilisations récréatives telles que le camping, la pêche et la chasse.

Aujourd'hui, ces responsabilités relèvent du ministère des Richesses naturelles.

 

Au cours des années, les objectifs de la province quant à la gestion des terres de la Couronne ont considérablement changé. L'histoire du programme de gestion des terres du ministère des Richesses naturelles reflète la croissance de l'Ontario à titre de province. L'évolution du programme a, en général, tenu compte des besoins de l'époque ainsi que des changements des politiques du gouvernement et des attitudes du public.

 

Au début, l'Ontario se servait de son droit de propriété pour générer des revenus, afin de financer les services publics tels que les routes et les services policiers. En fait, dans les années 1800, la province percevait très peu d'impôts et la vente de terres de la Couronne en bordure des villes florissantes était parmi les quelques sources de revenus du gouvernement.

 

Le gouvernement provincial se servait aussi de l'abondance des terres de la Couronne pour attirer les Européens en Ontario. Ainsi, on donnait des concessions aux immigrants qui travailleraient pour déboiser les forêts et établir des fermes. C'était une proposition tellement alléchante que dès 1870, près de toutes les terres dans le Sud de l'Ontario étaient privées. Par contre, dans le Nord, cette offre gratuite n'a pas remporté autant de succès. De nombreuses communautés de pionniers dans le Nord sont devenues des villages fantômes après seulement quelques années et ont depuis longtemps disparues.

 

À plusieurs reprises dans l'histoire de la province, le gouvernemental utilisa les concessions pour récompenser les soldats qui s'étaient battus pour le « Roi et la patrie ». De nombreuses terres ont été offertes aux hommes après la guerre des Boers et à un nombre encore plus élevé d'anciens combattants de la Première Guerre mondiale.

 

Dès les années 1930, durant la Crise de 1929, on trouvait des terres privées en abondance dans les régions peuplées de la province. Il y avait peu de demandes pour développer des terres de la Couronne « vierges » afin d'y aménager de nouvelles fermes ou villes. Pour résoudre le grave problème du chômage, le gouvernement ontarien a essayé une fois de plus de favoriser la croissance de nouvelles collectivités dans le Nord en offrant des concessions gratuites aux personnes sans emploi. Or, ce « retour à la terre » fut un échec total. C'était un mode de vie difficile qui intéressait peu de personnes.

 

Dans les années 1940, les conditions changèrent du tout au tout. Pendant et après la Seconde Guerre mondiale, la province était en pleine prospérité. Cet élan économique raviva l'intérêt pour les terres de la Couronne, les citadins cherchant à fuire le rythme effréné des villes pour profiter de la tranquillité des lacs et des forêts de l'Ontario du « moyen Nord ». Par l'entremise de son programme de gestion des terres de la Couronne, le ministère des Richesses naturelles mis à la disposition du public, dans les années 1950 et 1960, des terres pour l'aménagement de chalets, de cabanes de chasse et de pêche, d'auberges commerciales, de terrains de camping et de marinas.

 

Ce développement récréatif rapide au « pays des chalets » poussa également le gouvernement à construire et maintenir de nouvelles infrastructures sur les terres de la Couronne.

 

Par exemple :

  • De nouveaux réseaux routiers ont été aménagés dans les forêts pour que les vacanciers puissent se rendre à leurs chalets, camper avec leurs familles ou aller pêcher dans des lacs éloignés.
  • Des centaines de quais et de rampes de mise à l'eau furent construits pour appuyer l'intérêt éclatant pour la navigation de plaisance.
  • Des décharges furent mises en place dans de nombreuses zones éloignées pour mettre au rebut de façon sécuritaire les « restes » des touristes et des résidents.

 

Dès les années 1970, on s'inquiétait que certains secteurs de la province avaient, en fait, été surdéveloppés. Nombreux étaient ceux qui croyaient que le milieu naturel était en danger. La vente de terres s'arrêta pendant un certain temps pour que l'on se penche sur les questions de « durabilité écologique ». En réponse à la demande du public, le ministère des Richesses naturelles mis plus d'emphase sur son rôle d'intendant. Par exemple, les personnes qui planifiaient construire de nouvelles cabanes, des quais ou des routes sur les terres de la Couronne devaient obtenir un permis de travail avant de commencer les travaux. Ces permis renfermaient des conditions qui visaient à limiter le plus possible les impacts sur l'environnement.

 

À cette époque, l'aménagement du territoire devint une priorité. Les sites sensibles tels que les nids d'aigle, les aires de frai des poissons, les forêts anciennes ou les cimetières autochtones furent arpentés et inscrits sur des cartes. Des études furent entreprises pour déterminer si les paysages et les écosystèmes pouvaient subsister aux changements artificiels. Le public fut consulté et des directives d'aménagement du territoire - des règles pour limiter les aménagements à l'avenir et protéger les « ressources » spéciales - furent mises en oeuvre dans presque toute la province.

 

Dans de nombreux secteurs, le gouvernement de l'Ontario commença à racheter ou se procurer d'autres façons les terres importantes sur le plan écologique. Des milliers d'hectares de terres privées furent achetés pour que le ministère des Richesses naturelles puisse :

  • Protéger les sites d'importance sur le plan naturel ou scientifique.
  • Remettre en valeur les paysages dégradés (p. ex. le reboisement, la restauration des terres humides).
  • Mettre en place des installations de loisirs pour le public, telles que des parcs provinciaux et des terrains de camping).

 

Une grande part de ces acquisitions sont maintenant effectuées avec l'assistance d'organismes non gouvernementaux qui partagent les intérêts du ministère des Richesses naturelles à cet égard.

 

Un grand nombre des tâches qui relevaient à l'origine du personnel du ministère des Richesses naturelles sont maintenant accomplies par des « partenaires ». Conformément à d'autres programmes du ministère tels que la gestion forestière, les responsabilités des travaux pratiques de gestion des terres de la Couronne ont été transférées aux municipalités, à des groupes d'utilisateurs comme les associations de propriétaires de chalets, et, dans certains cas, à des exploitants commerciaux qui exploitent et maintiennent les biens des terres de la Couronne comme les routes, les décharges et les emplacements de camping.