Menaces à la biodiversité

Peu de gens saisissent l’importance de la biodiversité et des écoservices qui en découlent. Ceci explique en partie pourquoi les espèces de la nature disparaissent à une vitesse fulgurante – soit de 100 à 1000 fois le taux naturel, ce qui correspondrait, selon les données fournies par les fossiles, à une à dix espèces par année (Pimm, et coll., 1995 et autres). Selon certains scientifiques, ce taux serait plus élevé que l’on pense. Au cours des derniers cinq cents millions d’années, la Terre a connu cinq extinctions massives, dont la plus récente il y a environ 65 millions d’années (Raup et Sepkoski, 1982). Une sixième vague d’extinction serait en cours. Mais contrairement aux fois précédentes, cette extinction massive ne serait pas causée par une catastrophe physique majeure telle que des éruptions volcaniques importantes ou la chute de météorites, mais par une seule espèce : l’Homme.

 

L’Évaluation des écosystèmes pour le millénaire (2005) indique la perte considérable et généralement irréversible de la biodiversité sur la Terre, avec environ 10 à 30 pour 100 des espèces mammifères, aviaires et amphibiennes en voie de disparition, et la dégradation de 15 des 24 services fournis par les écosystèmes. Toutefois, ce phénomène survient à une période où la Terre abrite le plus grand nombre d’espèces de son histoire (Rhode et Muller, 2005), et des redondances sont observées dans la nature. Nous pouvons éventuellement nous permettre de perdre quelques espèces – quelques‑uns seulement – avant que la situation ne dégénère complètement.

 

Les causes de ces pertes sont diverses et sont contenues dans le terme PEPCS(C) (HIPPO(C) en anglais) :

 


Les activités humaines constituent une menace pour la biodiversité.

Perte d’habitat. La perte, la perturbation et la fragmentation de l’habitat affectent directement les espèces tributaires de l’habitat qui est en voie de modification. La perte d’habitat est particulièrement grave dans le sud de l’Ontario, où la densité de l’urbanisation, de l’agriculture et des routes est la plus forte.

 

Espèces envahissantes. Les espèces envahissantes sont des espèces non indigènes nuisibles dont l’introduction ou la dissémination menace l’environnement, l’économie et la société, notamment la santé des humains. Ces espèces proviennent d’autres continents, de pays adjacents ou d’autres écosystèmes du Canada. Non victimes de prédateur et de concurrence qui limiteraient normalement leur répartition et leur abondance dans les habitats naturels, de nombreuses espèces envahissantes se reproduisent rapidement et détériorent, déplacent ou détruisent les espèces indigènes dans nos forêts (p. ex. l’agrile du frêne), les zones agricoles (p. ex., le virus de la sarka), les terres humides (p. ex., la salicaire pourpre) ainsi que les lacs et les rivières (p. ex., la moules zébrée). La moule zébrée perturbe la composition et la structure des écosystèmes, bouche les canalisations des prises d’eau et affecte les plages publiques.

 

Pollution. La pollution est émise sous de nombreuses formes, notamment sous forme de pollution atmosphéri

La perte de la diversité biologique est la deuxième menace, après la guerre nucléaire, pour les humains et les autres formes de vie sur cette planète.
— U.S. Environmental Protection Agency

que, de pollution des sols et de l’eau, de pesticides, de matières particulaires et de métaux lourds. Des milliers d’agents polluants circulent dans les écosystèmes de la Terre et bon nombre de ces matériaux ont des incidences considérables à grande échelle sur les écosystèmes forestiers et aquatiques. Par exemple, la pollution acide a eu une incidence considérable sur les érablières de l’Ontario et la pollution causée par l’industrie telle que le DDT est connue pour avoir entraîné de manière importante les diminutions des populations de nombreuses espèces d’oiseaux, notamment le faucon pèlerin et le pygargue à tête blanche. La pollution peut également perturber les processus écologiques. Ainsi, les scientifiques font le lien maintenant entre la pollution lumineuse et la diminution des oiseaux chanteurs migrateurs.

 

Croissance démographique. La croissance de la population humaine contribue à accentuer l’incidence de toutes les autres causes parce que l’accroissement de la population nécessite plus d’espace et de ressources. La Terre compte présentement près de six milliards de personnes, soit le double de la population recensée en 1950. Bien que le rythme de cette croissance se ralentisse, plus de 90 millions de personnes viennent s’ajouter à la population terrestre chaque année. Les habitats, même en santé, ne peuvent soutenir un nombre aussi important d’éléments, y compris les personnes.

 

Surconsommation. La surconsommation est la récolte des espèces à un rythme plus élevé que ne peut soutenir la reproduction naturelle de la population. En Ontario, par exemple, le ginseng d’Amérique sauvage a été surexploité dans son riche habitat boisé naturel au point qu’il est maintenant en voie de disparition.

 

Changement climatique et autres incidences cumulatives (le dernier « C » dans PEPCSC et HIPPOC). La Stratégie de la biodiversité de l’Ontario a jouté une autre lettre. Les gens ont ajouté du dioxyde de carbone, de l’oxyde de diazote, du méthane et d’autre gaz à effet de serre à l’atmosphère en exploitant et en brûlant les combustibles fossiles tels que le charbon, le pétrole et le gaz naturel. Ces gaz ont pour effet de piéger la chaleur et d’accélérer le rythme du réchauffement et du changement climatique. Le changement climatique représente une menace majeure pour la diversité mondiale. Les incidences cumulatives de la pollution, de la modification des habitats, de la redistribution des espèces à l’échelle planétaire et la surexploitation mettent de nombreux écosystèmes en danger. Ces incidences cumulatives entraînent la modification, la réduction et la perte des fonctions des écosystèmes, des populations et des espèces ainsi que la dégradation, la perte et la fragmentation de l’habitat. Ils nuisent également à la santé des humains.

 

 

 

 

Photographie
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