La diversité génétique:
- est un élément essentiel à la vie
- est responsable de la variabilité parmi les individus au sein des espèces basée sur la variation génétique.
La variabilité génétique augmente les chances d’une espèce de s’adapter aux conditions environnementales changeantes et aux impacts environnementaux puisque certains individus pourront mieux faire face aux changements que d’autres. Les risques de variation génétique seront d’autant plus grands si le nombre d’individus est élevé. On dira souvent que le patrimoine génétique est important. La variabilité des espèces à faible population est limitée et, par conséquent, leur capacité à réagir au changement est limitée, ce qui explique pourquoi les populations « d’espèces en péril » ont autant de difficulté à se rétablir. Lorsque le nombre d’individus dans une population est en deçà d’un certain seuil, son potentiel reproductif ne lui permet pas pour ainsi dire de se rétablir. La variation génétique est la pierre angulaire de toute biodiversité.
La diversité de population. Bien qu’on entende souvent parler des espèces, ce que nous voyons généralement et avec lesquelles nous interagissons, ce sont les populations – des groupes distincts de membres d’une espèce particulière dont l’échange de matériel génétique est limité entre les groupes. Ils peuvent se reproduire, mais le font rarement.
De ce fait, les différences génétiques entre les populations ont tendance à s’accroître même si la variabilité au sein d’une population peut être plus faible que dans l’espèce. En outre, en raison de l’isolement, les impacts locaux sur une population peuvent ne pas être ressentis par une autre espèce. Une première évaluation prudente indique que chaque espèce compterait environ 220 populations, ce qui portrait le nombre total des populations sur la planète à au moins quelques milliards
Une variété extrême de population peut constituer une arme à double tranchant. Par exemple, la diversité du touladi dans les Grands Lacs en Ontario était autrefois très importante. Il existait au moins de 15 à 20 formes différentes de touladi que les pêcheurs professionnels reconnaissaient avant l’apparition de la lamproie marine. Le touladi était différent selon l’endroit où on le trouvait, selon le moment de sa reproduction et son apparence. On le désignait sous des noms différents tels que truites noires, brochets, thons à nageoires jaunes, toques, truites grasses, ombles gris et truites des sables. Le nombre de populations génétiquement distinctes était sans aucun doute plus élevé.
Cependant, même cette diversité ne pouvait résister à la surpêche, à la prédation de la lamproie et à la perte de l’habitat, en particulier les hauts-fonds graveleux côtiers nécessaires à leur reproduction. Dans le Lac Supérieur, les prises de touladi ont chuté de 10 % par rapport aux prises originales et sont presque nulles dans les autres Grands lacs. Quand les conditions se sont améliorées et que le temps de réintroduire le touladi est venu, les résultats ont été décevants dans les Grands lacs à l’exception du Lac Supérieur, où le nombre de populations sauvages qui ont survécu était en nombre suffisant pour assurer une rétablissement convenable.

Tous les stocks homogènes de touladi avaient évolué pour une raison : la reproduction réussie du touladi dans chaque zone. Les poissons étaient en effet « faits sur mesure » pour la zone. Maintenant, une bonne partie de ces stocks sont disparus à tout jamais. Cela prendra beaucoup de temps et d’efforts pour trouver des stocks de remplacement valables.
La diversité des espèces désigne toutes les différentes sortes d’êtres vivants que l’on trouve dans un habitat ou écosystème. Plus de 1,4 million d’espèces de plantes, d’animaux et de micro-organismes ont été répertoriés à l’échelle de la planète mais les évaluations du nombre réel varient de 5 à 100 millions. Le chiffre de quatorze millions correspond à une évaluation qui est citée couramment dans la littérature
En Ontario, plus de 30 000 espèces ont été identifiées, notamment les suivantes :
- plus de 20 000 invertébrés (insectes, araignées, etc.)
- plus de 4 800 plantes
- plus de 150 poissons
- plus de 1000 champignons
- 53 reptiles et amphibiens
- 479 oiseaux
- 81 mammifères
À l’échelle planétaire, le nombre d’espèces est évalué comme suit :
- 35 000 micro-organismes
- 70 000 champignons
- 273 000 plantes
- 875 000 invertébrés (insectes, araignées, etc.)
- 19 000 poissons
- 10 500 reptiles et amphibiens
- 9 000 oiseaux
- 4 000 mammifères
- 105 000 autres animaux
Cependant, la diversité des espèces, ce n’est pas seulement le nombre d’espèces recensées dans une zone, un habitat ou un écosystème donné. L’importance de certaines espèces n’est pas liée à leurs nombres comme, par exemple, les espèces clés. On peut également observer d’importantes différences dans la composition d’une espèce au fil du temps. Les conditions physiques qui prévalent dans les écosystèmes où elles vivent peuvent également avoir des incidences sur la diversité des espèces, comme des différences de température, de luminosité, de structure et de composition chimique.
En fait, la biodiversité ne peut pas être réduite à un seul chiffre. Un certain nombre de dimensions, voire de nombreuses dimensions, se attachent à la diversité.
La diversité des écosystèmes est la variété d’écosystèmes dans un paysage ou une région, y compris les terres humides, les prairies ou les savanes, les lacs et les rivières, les forêts et les paysages agricoles. Les principes fondamentaux de la biodiversité s’appliquent ici également, mais la portée est plus vaste. C’est à ce niveau que les interactions et liens entre les espèces et les conséquences de ces liens sont évidents. Les divers écosystèmes, tels que les cours d’eau froide ou les petits lacs à touladis, contribuent au fonctionnement et à la productivité de zones plus vastes, telles que les biorégions.