L'Ontario et ses partenaires agissent pour prévenir l'arrivée de nouvelles espèces envahissantes et ralentir la propagation de celles qui se sont déjà introduites dans notre province. Les études, la sensibilisation du public, les mesures législatives, les activités sur le terrain et les partenariats sont autant de mesures qui aident à protéger la biodiversité de l'Ontario contre les effets nocifs des espèces envahissantes.
Partenariats pour la recherche
Centre de recherche sur les espèces envahissantes
L'Ontario a investi 15 millions $ et collabore avec le gouvernement fédéral à l'établissement du Centre sur les espèces envahissantes qui sera aménagé au Centre de foresterie des Grands Lacs, à Sault Ste. Marie. Le nouveau centre a pour mission de promouvoir la recherche, la coopération et la collaboration parmi les organismes qui luttent contre les espèces envahissantes, de sorte à optimiser les résultats obtenus. Le nouveau centre devrait être achevé au printemps 2011. Dans le souci d'accélérer la lutte contre les espèces envahissantes, certains projets de recherche ont déjà reçu des subsides.
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| Le centre des espèces envahissantes du Centre de foresterie des Grands Lacs à Sault Ste. Marie (selon l'artiste) |
Chaire de recherche sur les espèces envahissantes à l'Université Algoma
Le ministère des Richesses naturelles a octroyé un financement à l'Université Algoma pour y établir la Chaire de recherche sur la biologie des espèces envahissantes. Le titulaire de cette chaire, M. Pedro Antunes, travaille à la création d'un réseau international de chercheurs par le biais de l'Institut de recherche sur les espèces envahissantes de l'université. M. Antunes dirige des études sur les espèces envahissantes critiques en Ontario et collaborera étroitement avec le Centre sur les espèces envahissantes pour lutter contre les menaces posées par les espèces envahissantes tant forestières que végétales.
Recherche pour enrayer la propagation du gobie à taches noires
Le gobie à taches noires est une espèce envahissante aquatique agressive qui privilégie pour sa nourriture les œufs et les jeunes des espèces aquatiques indigènes. Les chercheurs du ministère des Richesses naturelles et de l'Université de Windsor étudient si les substances chimiques, les signaux acoustiques et l'odeur des œufs constituent des moyens d'attirer les gobies à taches noires. Ils utilisent aussi des marqueurs génétiques pour étudier les mouvements des populations de gobies à taches noires. Les résultats de cette recherche pourraient être utilisés pour entraver la propagation des gobies dans les lacs et rivières intérieurs de l’Ontario. Selon des essais réalisés, il est possible d'éliminer les petites populations de gobies à taches noires dans les ruisseaux et les petits cours d'eau à l'aide d'une substance chimique qui n'est toxique que pour certaines espèces.
Recherche sur la santé des forêts
Les scientifiques de l'Institut de recherche forestière de l'Ontario du ministère des Richesses naturelles mènent des études sur la vitalité des forêts et sur les espèces envahissantes, et notamment les maladies qui attaquent les arbres comme le chancre du noyer cendré et le la rouille vésiculeuse du pin blanc. Le ministère poursuit aussi des travaux de recherche en collaborant avec des partenaires comme Ressources naturelles Canada, des universités et des entreprises privées. Un des ces partenariats, SERG International, compte parmi ses membres la plupart des autres provinces canadiennes, le Service canadien des forêts et l'U.S. Forest Service. Ce groupe collabore à des études destinées à mieux gérer la lutte contre les parasites des forêts.
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| Un scientifique greffe un noyer cendré - Photo : Trudy Vaittinen/IRFO |
Partenariats pour protéger la santé des forêts
De plus en plus, les espèces envahissantes menacent la santé des forêts de l'Ontario et ont une incidence sur notre capacité à faire du commerce avec d'autres pays. L'Ontario travaille avec l'Agence canadienne d'inspection des aliments, le Service canadien des forêts, l'industrie forestière en plus d'autres intervenants pour lutter contre l'introduction de parasites envahissants dans les forêts de l'Ontario et pour veiller à ce que ceux qui y sont déjà établis soient maîtrisés ou éradiqués.
L'Ontario participe énergiquement aux activités de divers organismes, dont les suivants : Ontario Invasive Plant Council, Forum sur la répression des ravageurs forestiers, Ontario Vegetation Management Association, Ontario Weed Committee. Ces groupes travaillent ensemble à l'établissement de mesures législatives sur les espèces envahissantes, à leur gestion et à la lutte contre leur propagation.
Mesures législatives
Le programme Invading Species Awareness
Le programme Invading Species Awareness aide la population à mieux connaître les espèces envahissantes et à apprendre comment arrêter leur propagation dans les forêts, les lacs et les cours d'eau de l'Ontario. Le ministère des Richesses naturelles et l'OFAH (Ontario Federation of Anglers and Hunters) gèrent ce programme en partenariat depuis 1992. Grâce au programme, les adeptes de la pêche à la ligne ont été sensibilisés au danger de déverser les appâts dans les lacs et les rivières. Depuis, moins d'appâts sont jetés dans les cours d'eau.
Partenariats pour l'information sur la vitalité des forêts
Le gouvernement de l'Ontario a conclu des partenariats avec le gouvernement du Canada, des universités et des entreprises privées dans le but de dispenser des conseils spécialisés, assurer la formation et disséminer de l'information sur les insectes forestiers, les maladies et les espèces envahissantes. On trouvera des feuilles de renseignements, des avis publics sur la vitalité forestière, des conseils sur les parasites et des rapports sur la santé de forêts sur le site Web Forêts en Ontario et dans les bureaux de district du ministère des Richesses naturelles. Les ateliers, les séances d’information publiques et les communiqués aux médias sont aussi des moyens de diffuser rapidement des actualités sur des dossiers pointus, tels que les poussées épidémiques d’insectes.
Le ministère des Richesses naturelles collabore aussi avec bien des partenaires pour aider les propriétaires fonciers à combattre les espèces envahissantes qui se sont introduites sur leur propriété.
En voici quelques exemples :
Lorsque des espèces invasives menacent votre boisé
Manuel du propriétaire de terres à bois menacées par l’agrile du frêne
The Landowner's Guide to Controlling Invasive Woodland Plants
Mesures législatives
Encéphalopathie des cervidés (ou maladie débilitante chronique ou maladie du dépérissement chronique)
L'encéphalopathie des cervidés est une maladie dégénérative du cerveau qui survient chez le cerf de Virginie (le chevreuil), l'orignal, le wapiti et pourrait aussi toucher le caribou des bois. On n'a jamais décelé cette maladie chez un animal sauvage en Ontario. Pour prévenir l'introduction de cette maladie en Ontario, la province interdit de posséder les parties à haut-risque provenant d'un chevreuil un orignal, un wapiti ou un caribou abattu en dehors du territoire de l'Ontario.
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| Chevreuil - Photo: J.B. Dawson/MRN |
Règlements régissant l'eau de ballast
Les navires océaniques qui relâchent leur eau de ballast non traitée sont probablement en cause pour l'introduction des espèces envahissantes aquatiques et leur propagation dans les Grands Lacs et dans les eaux du Saint-Laurent. Depuis que l'Ontario a réclamé des règlements plus stricts pour les bateaux qui naviguent sur les Grands Lacs, Transport Canada, la St. Lawrence Seaway Development Corporation (États-Unis) la Corporation de gestion de la voie maritime du Saint-Laurent ont adopté des lois obligeant les navires océaniques à remplacer leurs eaux de ballast par de l'eau de mer avant de pénétrer la voie navigable du Saint-Laurent et les eaux des Grands Lacs.
En 2009, 97,9 pour cent des navires ont respecté cette loi, ce qui a contribué de manière considérable à réduire le risque d'introduction des espèces envahissantes dans les eaux des Grands Lacs par les citernes de ballast.
Interdiction de vendre ou d'acheter la carpe asiatique
La carpe asiatique est une espèce aquatique envahissante qui est agressive au point d'avoir des conséquences dévastatrices sur les pêches des Grands Lacs. L'Ontario a adopté des mesures pour prévenir l'arrivée dans ses eaux de la carpe asiatique et d'autres espèces aquatiques envahissantes à haut risque. En 2005, la province a interdit l'achat et la vente de plusieurs espèces de poissons vivants, dont quatre espèces de carpe asiatique. Ces mesures législatives aideront à protéger les pêches et l'économie de la province.
Mesures de lutte sur le terrain contre les espèces envahissantes
Gérer la salicaire pourpre en Ontario
Le coléoptère galerucella est un agent de lutte biologique permettant de gérer la salicaire pourpre, une plante invasive des marécages. Le ministère des Richesses naturelles a collaboré avec l'Université de Guelph, l'OFAH (Ontario Federation of Anglers and Hunters) et bien d'autres partenaires au programme de lutte biologique contre la salicaire pourpre Ontario Purple Loosestrife Biological Control Program. Des individus de galerucella ont été introduits dans plus de 400 lieux en Ontario depuis 1993. Les coléoptères ont réduit l'abondance de salicaire pourpre dans plus de 80 pour cent des lieux où ils ont été introduits.
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| Salicaire pourpre - Photo: Bev Wigney/Magiccanoe |
Programme de gestion de la lamproie marine
La lamproie marine est une espèce aquatique envahissante qui a l'aspect d'une anguille. Rentrée dans les Grands Lacs par les canaux, elle y était établie dès 1938. Depuis 1956, un programme international de lutte a réussi à maîtriser cette espèce envahissante en utilisant plusieurs mesures de lutte : des barrières, des pièges et des lampricides qui tuent les larves de la lamproie marine. La population de lamproie marine a chuté de près de 90 pour cent depuis les années 60 où elle avait atteint son maximum, permettant ainsi aux poissons indigènes tels que le touladi et le corégone de se rétablir..
Les appâts en Ontario, sans espèces envahissantes
L'Ontario a adopté un système préventif pour faire en sorte que les espèces de poisson, les eaux et les équipements utilisés par l'industrie des appâts en Ontario ne soient pas contaminés par des espèces envahissantes. Les commerçants et les récolteurs d'appâts ont subi une formation qui leur a appris à déterminer à quelle étape de leur exploitation de vente ou de récolte ils ont besoin d'instaurer des mesures de contrôle en vue d'assurer que leurs produits ne soient pas contaminés par des espèces envahissantes. Ensuite, les entreprises surveillent le déroulement de leurs opérations pour veiller à ce que les méthodes indiquées soient appliquées.
Lutte contre l'aloès d'eau dans la voie navigable Trent-Severn
L'aloès d'eau est une nouvelle espèce aquatique envahissante, appelée en anglais water soldier, qui a été repérée dans les eaux de la Trent en 2008. Cette plante ornementale de jardin aquatique n'a pas été repérée à l'état naturel en Amérique du Nord. Le ministère des Richesses naturelles travaille avec des partenaires à l'éradication de cette espèce en arrachant les plantes à la main et au râteau et en appliquant des herbicides. Les efforts déployés pour lutter contre ce nouvel envahisseur se poursuivent.
Lutte contre la châtaigne d'eau dans la rivière des Outaouais
La châtaigne d'eau est une plante aquatique envahissante qui a été repérée pour la première fois en 2005 dans la rivière des Outaouais. Le ministère des Richesses naturelles a retenu les services d'une entreprise québécoise qui, au moyen d'une cueilleuse mécanique, éliminera de grandes quantités de cette plante dans les eaux profondes. En 2011, le ministère examinera des méthodes de lutte contre cette plante dans des eaux peu profondes.
Prévention
Programme de surveillance de l'encéphalopathie des cervidés
Pour prévenir l'arrivée en Ontario de l'encéphalopathie des cervidés, le ministère des Richesses naturelles travaille depuis 2002 avec les chasseurs pour recueillir des prélèvements sur les carcasses de chevreuils et de wapitis. Toutes les analyses médicales effectuées sur les échantillons prélevés ont été négatives. Pour éviter que cette maladie ne se propage en Ontario, on continuera à effectuer des analyses médicales de sorte que les autorités puissent détecter la présence de la maladie aussitôt que possible et prendre les mesures rapidement.
Surveillance de la santé des forêts de l'Ontario
L'Ontario surveille la santé de ses forêts par le biais d'un programme permanent de surveillance aérienne et sur le terrain. Le personnel du ministère des Richesses naturelles observe et dresse des rapports sur l'état des forêts et la présence d'insectes, de maladies et de perturbations. Par exemple, le personnel recherche la présence de l'insecte envahisseur appelé agrile du frêne dans des lieux à haut risque et aide les municipalités à mener leurs propres sondages.
Cette information est utile dans les cas suivants : planifier la gestion forestière et les programmes de lutte contre les parasites; élaborer des projets de recherche, des stratégies visant les espèces envahissantes et des programmes concernant le changement climatique; appuyer les évaluations de la durabilité des forêts et de la biodiversité.
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| Agrile du frêne - Photo : Ed Czerwinski/MRN |




