Prévention et gestion
Une fois implantées, il peut être difficile, voire impossible, de se débarrasser des espèces envahissantes et les mesures de lutte sont en général coûteuses. Empêcher les espèces envahissantes de gagner la province en premier lieu, ou de se propager si elles réussissent à y arriver, est donc fondamental pour éviter des dommages à long terme pour les écosystèmes de l’Ontario.
Afin de gérer les espèces envahissantes, nous devons les localiser précocement et réagir rapidement. La localisation d’espèces envahissantes avant leur propagation à grande échelle ou leur implantation nous permet de travailler à éliminer des populations le plus tôt possible. S’il n’est pas possible de les éliminer, une réaction précoce pourrait rendre les mesures de lutte plus efficaces et en réduire le coût. L’Ontario travaille en partenariat, à l’amélioration des orientations, des outils et des processus de détection précoces et de réaction rapide dans la province.
Lutte
Il y a trois méthodes principales de lutte contre les espèces envahissantes : lutte physique, lutte chimique et lutte biologique.
La lutte physique implique d’ériger des barrières pour empêcher les espèces envahissantes de pénétrer dans de nouvelles zones ou bien d’éliminer physiquement une espèce de son nouvel habitat. Le dragage, les barrages, les pièges, les champs électriques, les barrières mécaniques, l’excavation de tranchées et les bandes adhésives visant à capturer des insectes sont des exemples de barrières utilisées pour empêcher les espèces envahissantes de pénétrer dans de nouvelles zones. Les méthodes de prélèvement physique d’espèces envahissantes comprennent la récolte mécanique, l’arrachage manuel de plantes, la coupe et la destruction des éléments infectés.
Chemical control involves applying poison to eliminate invasive species. When used properly, these pesticides have little effect on Ontario’s native species and ecosystems.
La lutte chimique implique l’application de pesticides pour éliminer les espèces envahissantes. S’ils sont utilisés correctement, les pesticides ont peu d’effet sur les espèces indigènes et les écosystèmes de l’Ontario
En Ontario, on utilise à la fois la lutte physique et chimique pour combattre l’aloès d’eau, une plante aquatique envahissante trouvée dans la voie navigable Trent-Severn. Le personnel du ministère des Richesses naturelles a manuellement arraché des plantes, tandis qu’un épandeur titulaire d’une licence a épandu des herbicides. Les travaux d’élimination de l’aloès d’eau se poursuivent.
Usage des pesticides en milieu aquatique :
Il est obligatoire d’avoir une licence de destructeur de parasites aquatiques et un permis de destruction des parasites aquatiques pour toute personne voulant épandre un pesticide sur des lacs, mares, rivières, ruisseaux ou marécages pour lutter contre une espèce envahissante. Le ministère de l’Environnement de l’Ontario examine et délivre les permis de destruction des parasites aquatiques concernant l’usage de pesticides en milieu aquatique. La Loi sur les pesticides et le Règlement 914 de l’Ontario constituent le cadre réglementaire provincial qui régit les exigences en matière de formation, d’obtention de licence et de permis et sur la classification des pesticides. Pour de plus amples informations, contactez le Spécialiste régional des pesticides au sein du bureau régional du ministère de l’Environnement le plus proche.
Usage des pesticides en milieu terrestre :
L’Interdiction des pesticides utilisés à des fins esthétiques de l'Ontario est entrée en vigueur en avril 2009, elle élimine l’usage des pesticides pour les gazons, jardins, cours d’école et parcs. La province autorise l’usage de certains pesticides pour des projets contribuant à la protection de la biodiversité et des richesses naturelles. Cela comprend l’usage des pesticides pour lutter contre les espèces envahissantes. Si vous voulez faire usage d’un pesticide pour lutter contre une espèce envahissante, veuillez consulter le site du ministère de l’Environnement www.ontario.ca/pesticideban, où vous trouverez des informations sur les exemptions prévues aux termes de l’Interdiction des pesticides utilisés à des fins esthétiques de l’Ontario.
La lutte biologique utilise des organismes vivants pour réduire ou éliminer les populations d’espèces envahissantes. Ces organismes peuvent ingérer les espèces envahissantes ou les rendre malades. Les agents de lutte sont souvent issus de l’habitat d’origine des espèces envahissantes. Les propositions de lutte biologique doivent être minutieusement évaluées afin d’éviter que les agents de lutte ne deviennent envahissants et qu’ils ne causent autant de dégâts que les espèces objet de la lutte.
Deux coléoptères, la galerucella calmariensis et la galerucella pusilla, sont utilisés comme agents de lutte permettant de gérer la salicaire pourpre, une plante invasive des marécages. Ces coléoptères réduisent le nombre de salicaires pourpres, ce qui aide à diminuer les dommages aux espèces indigènes. Renseignez-vous sur le programme de lutte biologique contre la salicaire pourpre, de l’Ontario.
Gestion intégrée des animaux nuisibles
Il est quelques fois nécessaire d’associer plusieurs mesures de lutte, ce que l’on appelle la gestion intégrée, pour lutter contre une espèce envahissante, comme la lamproie marine.
La lamproie marine est rentrée en Ontario par le canal Welland dans les années 1920 et s’est propagée dans les Grands Lacs, elle a dévasté la pêche des Grands Lacs au milieu des années 1990. Le Canada et les États-Unis se sont associés pour créer un Programme de lutte contre la lamproie marine coordonné par la Commission des pêches des Grands Lacs. Le programme utilise plusieurs mesures de lutte en association, pour s’attaquer à la lamproie marine.
Elles comprennent :
- l’évaluation pour trouver les cours d’eau contenant les larves et mesurer les populations de lamproie;
- le lampricide (un produit chimique qui tue les lamproies marines dans les rivières et cours d’eau sans dommages significatifs pour les autres espèces);
- les barrières afin d’empêcher la lamproie marine de remonter les cours d’eau;
- les pièges afin de prélever les lamproies des rivières et cours d’eau;
- l’introduction de mâles stériles afin d'empêcher l'éclosion des oeufs de lamproie.