Cinq ans dans la vie d'un garde-feu

Cinquième année : Un vieux de la vieille - À vos lances!

Figure 15. Garde-feu utilisant un lance-flammes à action

Figure 15. Garde-feu utilisant un lance-flammes à action localisée pour mettre le feu à des branches

Au cours de ma cinquième année en tant que garde-feu ontarien, j’ai pu voyagé dans d’autres districts, dans d’autres provinces et aux États-Unis. Plusieurs incendies sont identifiés en Ontario à partir des airs (avions qui se déplacent un peu partout dans la province, à la recherche d’incendies de forêt). En général, les avions aperçoivent ces incendies avant qu’ils ne soient très gros (moins de quatre hectares) mais il arrive parfois qu’un incendie ne soit pas décelé avant qu’il ne soit très gros. Lorsque cela se produit, on peut avoir besoin d’organiser beaucoup de gens et de ressources pour le combattre efficacement.

Pendant la saison des incendies 2002, la Région Ouest a connu plusieurs gros incendies dans les districts du nord. Lorsqu’une telle situation se produit, on se sert d’un contre-feu pour que le périmètre de l’incendie corresponde à des limites naturelles ou artificielles en se servant d’une attaque indirecte. Il arrive parfois que même des avions-citernes ne puissent pas maîtriser un incendie de forêt parce que le front de l’incendie est trop chaud. Il faut parfois lutter contre le feu avec du feu! 

 

En Ontario, des dispositifs d’allumage aériens et à main sont utilisés pour établir un contre-feu au devant d’un incendie de forêt qui peut causer des problèmes aux équipes de lutte. Une hélitorche (dispositif d’allumage aérien) est attachée à un hélicoptère et dispense un combustible brûlant ou de petites balles blanches

Figure 14. Avion-citerne déversant de l’eau sur une forêt.

Figure 14. Avion-citerne déversant de l’eau sur une forêt.
Des équipes de garde-feu regardent le processus de loin

(qui prennent feu lorsque l’on injecte un produit chimique dans les balles) pour mettre le feu à la forêt en dessous. C’est tout un spectacle de voir une forêt prendre feu devant un incendie et la colonne de convection de l’incendie principal qui attire le nouveau feu vers le feu de départ. C’est une méthode d’attaque indirecte et ceci est très efficace pour aider à contrôler un incendie plus gros en éliminant les combustibles disponibles.

Les équipes de lutte au sol utilisent également des lance-flammes à action localisée et des torches à main pour allumer un contre-feu afin de dégager la forêt des combustibles qui se trouvent le long d’une ligne de

Figure 16. Garde-feu patrouillant une zone de contre-feu en bordure d’une route

Figure 16. Garde-feu patrouillant une zone de contre-feu en bordure d’une route

contrôle d’un feu ou dans des îlots verts sur le périmètre de l’incendie qui pourraient poser des risques si la situation de l’incendie change.

L’allumage de contre-feu est commun aux États-Unis, surtout parce que la plupart des états ne disposent pas d’autant de ressources en eau que l’Ontario. Le US Forest Service a mis sur pied plusieurs autres outils pour aider à allumer un contre-feu, comme Hot Shot,

Figure 17. Le chef d’une équipe de choc lance une fusée Stubby

Figure 17. Le chef d’une équipe de choc lance une fusée Stubby
pour améliorer le potentiel d’allumage d’un feu

Stubby, des torches de 2,5 po et le Dual Fire Quick Launcher. Pendant que mon équipe était aux États-Unis, nous avons pu allumer des contre-feu et essayer plusieurs de ces outils. Mon préféré était le Dual Fire Quick Launcher – un pistolet qui envoie des fusées loin à l’intérieur de la zone que vous voulez brûler. Ceci permet de mettre le feu à des zones renfermant beaucoup de combustibles en toute sécurité. De plus, c’est plutôt amusant de tirer avec ce pistolet, même s’il est plutôt bruyant!

 La sécurité sur la ligne de feu est d’une importance primordiale pour le programme de gestion des incendies de l’Ontario. Pour assurer la sécurité des équipes, il faut connaître les voies d’évacuation et les zones sécuritaires dans toutes les situations et rester en communication constante avec les membres de votre équipe. Le comportement du feu, la température et le terrain sont des facteurs importants qui peuvent changer soudainement lors d’un incendie et influer sur la sécurité de l’équipe. Les zones sécuritaires sont des zones qui ne brûleront pas facilement et qui sont assez grosses pour accueillir tous les membres de l’équipe de lutte. Les lacs, les marécages, les gros affleurements rocheux, les zones de combustibles qui ne s’allument pas facilement et les zones complètement brûlées sont de bons exemples de zones sécuritaires. Le comportement du feu peut changer soudainement ou graduellement pendant la journée selon divers facteurs. Lorsque les conditions d’un incendie changent et rendent les efforts de lutte dangereux, l’équipe emprunte une voie d’évacuation pour se rendre à une zone sécuritaire jusqu’à ce que les conditions de l’incendie s’améliorent.

 

Figure 18. Les garde-feu se déplacent pour se mettre à l’abri de la fumée.

Figure 18. Les garde-feu se déplacent pour se mettre à l’abri de la fumée



Figure 19. Des garde-feu attendent dans une zone sécuritaire avec des autobus et

Figure 19. Des garde-feu attendent dans une zone sécuritaire avec des autobus et des camions qui peuvent les transporter rapidement en cas de danger



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