Cinq ans dans la vie d'un garde-feu

Troisième année : Chef de lutte

L’été 2000 commença très paisiblement. Dans certaines parties de la province, les équipes de lutte se demandaient si leur travail consistait seulement à mesurer le niveau d’eau à la hausse à la suite de précipitations tandis que dans d’autres parties de l’Ontario, les conditions étaient très sèches.

 

Figure 7. Garde-feu de l’Ontario au camp de base observant les montagnes enfumées du Montana.

Figure 7. Garde-feu de l’Ontario au camp de base observant les montagnes enfumées du Montana

Pour moi, l’été 2000 a été une saison des incendies très excitante. J’étais un chef de lutte avec une recrue que je devais moi-même former. Ai-je vraiment posé autant de questions lors de mon premier été et est-ce que j’étais vraiment si excité par tout ce qui se passait? Il est facile de faire la transition de recrue à garde-feu expérimenté après avoir lutté contre le feu pendant quelques années et après avoir effectué un certain nombre d’attaques initiales et soutenues.

 

Un des points saillants de cet été fut lorsque mon équipe de lutte fut envoyée avec la plupart des autres équipes de la province aux États-Unis pour aider le Montana et l’Idaho à surmonter l’une de leurs pires saisons des incendies.

Figure 8. Grimpant une montagne pour établir une ligne de contrôle autour d’un feu.

Figure 8. Grimpant une montagne pour établir une ligne de contrôle autour d’un feu

Lors de ce voyage, tous les garde-feu étaient des recrues car il a fallu apprendre une nouvelle méthode de lutte contre les incendies de forêt. Lutter contre des incendies au Pulaski :

Outil combiné composé d’une pioche avec lame étroite de type herminette et d’une hache à simple tranchant avec un manche droit.
Montana est bien différent de ce qu’on fait en Ontario. Nous avons échangé nos lances d’incendie pour des râteaux à feu et des Pulaskis. Nous avons également dû oublier les terrains plats et apprendre à grimper des montagnes et à former des équipes de 20 personnes plutôt que nos petites équipes habituelles de 3 à 4 personnes en suivant les ordres d’un chef d’équipe de choc.

 

Je me rappelle encore de notre première journée sur la ligne de feu au Montana. Nous avions l’air de chèvres orange grimpant une montagne. Certaines « chèvres » étaient plus rapides que d’autres mais deux heures et trois milles plus tard, tout le monde était en bordure du feu et avait commencé à creuser une ligne autour du périmètre de l’incendie.

Figure 9. Équipe de lutte descendant la montagne.

Figure 9. Équipe de lutte descendant la montagne

À la fin de la journée, je crois que tout le monde détestait leurs bottes avec embout d’acier et talons bas qui convenaient mieux à nos belles forêts et à nos marécages infestés de mouches noires de l’Ontario. Quelques jours plus tard, les garde-feu ontariens portaient tous de nouvelles bottes en cuir avec des talons plus hauts et aucun embout d’acier, ce qui convenait beaucoup mieux au terrain en pente de l’endroit. J’appelle ces bottes les « bottes de montagne de Mary Poppins » à cause de leurs talons et de leurs glands près des orteils. Je ne crois pas que mes collègues ont apprécié ce nom!

Le voyage au Montana à l’été 2000 a établi un précédent pour la collaboration des garde-feu ontariens avec les États-Unis et depuis, il y a eu d’autres prêts d’équipes à Washington et en Oregon dans le cas de situations extrêmes en 2001 et 2002.