Cinq ans dans la vie d'un garde-feu

Deuxième année : Membre attitré de l’équipe

Figure 3. Installation typique d’une pompe – remarquez le lac qui n’est définitivement pas parfait!

Figure 3. Installation typique d’une pompe – remarquez le lac qui n’est définitivement pas parfait!

Lors de la deuxième année à combattre les incendies, vous faites vraiment partie de l’équipe. Une équipe qui s’entend bien est la clé d’un super été. Un bon sens de l’humour, des blagues et un esprit sarcastique aident les garde-feu à passer le temps durant les longues et parfois ennuyeuses journées où l’on cherche des points chauds (fumée) qui ne semblent pas exister.

 

Lorsque l’équipe de lutte arrive sur les lieux d’un incendie, des motopompes sont installées à côté de la source d’eau la plus proche. Dans la plupart des cas en Ontario, il ne s’agit pas d’un endroit idyllique sur un beau lac limpide mais plutôt d’un petit étang au sein d’un marécage. Les boyaux sont déployés en bordure du feu et l’équipe attaque directement l’incendie le long de son périmètre en établissant une ligne de contrôle. Ceci est réalisé en creusant avec de l’eau sous pression d’un boyau et en avançant le long de la bordure de l’incendie jusqu’à ce que vous ayez rejoint une autre équipe ou, lors de petits incendies, lorsque vous avez rejoint l’endroit de départ. La méthode d’attaque utilisée lors de l’attaque initiale dépend de la taille et de l’intensité de l’incendie.

 

Pendant l’évaluation initiale de l’incendie, le chef de l’attaque initiale prend note des obstacles

Figure 4. Garde-feu établissant une ligne de feu.

Figure 4. Garde-feu établissant une ligne de feu

artificiels et naturels, comme les routes, les lacs, les rivières, les marécages, les affleurements rocheux et les peuplements de feuillus. On utilise le mieux possible ces obstacles pour maîtriser l’incendie car ils facilitent la tâche de l’équipe. Ces obstacles peuvent limiter les possibilités de propagation d’un incendie et aider l’équipe sur terre à atteindre les objectifs établis en ce qui concerne le temps nécessaire pour contenir et maîtriser l’incendie.

 

Chaque incendie est classé selon le degré de contrôle atteint par les équipes de lutte. Les quatre catégories sont les suivantes :

 

  • hors contrôle
  • contenu
  • maîtrisé
  • éteint
Figure 5. Motopompe sur une petite île aménagée manuellement.

Figure 5. Motopompe sur une petite île aménagée manuellement

 

La première chose qu’un chef de lutte fait lorsqu’il arrive sur les lieux d’un incendie est d’effectuer une reconnaissance de l’incendie. Il rédige ensuite un rapport d’attaque initiale qui aide à rédiger le rapport final au bureau central. Le rapport de reconnaissance confirme le numéro de l’incendie avec le bureau de gestion des incendies du district et fournit des renseignements supplémentaires, comme le comportement du feu, les ressources menacées, les chances de succès avec les ressources disponibles et toute autre ressource qui peut être requise. Les ressources peuvent comprendre les structures (chalets, camps éloignés), le bois empilé qui est récolté en vertu d’un permis forestier ainsi que des lieux patrimoniaux.

 

Figure 6. Le chef de lutte lit son rapport de situation de l’incendie.

Figure 6. Le chef de lutte lit son rapport de situation de l’incendie

C’est seulement lorsque l’incendie atteint son étape finale (ÉTEINT) que les équipes sont renvoyées à leur camp de base. (Pour plus de renseignements sur les méthodes de lutte, cliquez ici.) Après avoir travaillé pendant quelques jours sur un incendie, le fait de se laver dans un petit étang sale n’est plus aussi drôle et la plupart des gens ont hâte de prendre une douche chaude à la maison. De la même façon qu’un feu semble renforcer l’enthousiasme et l’esprit des gens qui le combattent, le niveau d’excitation et d’adrénaline semble diminuer avec la disparition du feu. Bien sûr, retourner au camp de base signifie aussi se préparer à faire une autre attaque initiale et à vivre une autre aventure.