
Le cycle d'incendie lié à l'attaque initiale explique les étapes requises pour qu'une équipe de lutte contre les incendies évalue une situation d'incendie et accomplisse les tâches requises afin de contenir et d'éteindre un incendie.
Alertes
Pendant la saison des
incendies, les équipes ontariennes de garde-feu sont averties tous les jours de la situation des incendies. Cette situation est codée : bleu, jaune ou rouge. Elle dépend des prévisions météorologiques et du comportement prévu des incendies pour la journée. Lorsque la situation globale des incendies est jugée « rouge », ceci signifie qu’une ou plusieurs équipes de garde-feu seront déployées dans les cinq minutes suivant le signalement de l’incendie. Une fois que la première équipe est envoyée, la prochaine équipe sur la liste
devient la prochaine équipe à être envoyée. Lorsque le risque d’incendie devient extrême et que le comportement du feu est imprévisible, plusieurs équipes peuvent être envoyées de plusieurs emplacements pour combattre l’incendie.
Un incendie de forêt est signalé
Les incendies de forêt sont repérés et signalés de diverses façons : par un aéronef qui survole le terrain pour détecter des incendies, par un aéronef commercial qui peut apercevoir un incendie pendant un voyage et, surtout, par le public qui signale tout incendie par téléphone. Les membres du public peuvent signaler un incendie de forêt en appelant un numéro spécial réservé à cet effet ou en appelant directement le quartier général de la lutte contre les incendies du ministère des Richesses naturelles (MRN) de leur région. Ces avis d’incendie sont appelés des « incidents » jusqu’à ce qu’un incendie de forêt soit confirmé par le MRN. Lorsqu’un incident a été signalé, une équipe de garde-feu du quartier général du MRN le plus près est acheminée sur les lieux.
Acheminement
Généralement, les équipes de lutte contre les incendies sont transportées par hélicoptère mais elles peuvent également voyager en camion. Ceci permet une intervention rapide et un meilleur accès aux zones non accessibles par la route. Avant de décoller, le commandant du lieu de l’incident est avisé du numéro de l’incendie du district, des coordonnées sur la carte, de l’azimut vrai ainsi que de tout renseignement sur l’incendie, comme les valeurs dans la région et les autres ressources qui ont été envoyées, le cas échéant. Chaque équipe de lutte contre les incendies arrive avec assez d’équipement pour attaquer le feu avec le concept de l’action unique (le personnel et l’équipement sont transportés en même temps au lieu de l’incendie) ainsi que tout ce dont elle a besoin pour passer la nuit au lieu de l’incendie si cela est nécessaire.
En route vers l'incendie
Le commandant du lieu de l’incident se sert de cartes topographiques, du système mondial de localisation (GPS) et d’observations sur le
terrain pour déterminer l’emplacement de l’incendie signalé et la meilleure façon de s’y rendre. Pendant le voyage, le commandant obtient des renseignements, organise les opérations, s’assure qu’il se dirige dans la bonne direction et surveille la présence d’autres incendies ou aéronefs dans la région. Le commandant reste en contact avec le quartier général de la lutte contre les incendies, communiquant l’emplacement de l’aéronef toutes les 30 minutes (cette procédure fait partie d’un système de surveillance de la sécurité des vols). Le commandant transmet également un rapport de renseignements à l’agent d’intervention du secteur qui se trouve au quartier général, y compris la taille estimée de l’incendie, la couleur de la colonne de fumée (ce qui donne une idée de l’intensité du feu) et le besoin de ressources additionnelles ou, au contraire, le fait que trop de ressources ont été déployées. À dix milles de l’incendie, le commandant s’assure que toute autre ressource d’attaque initiale déjà sur les lieux est au courant de son arrivée, puis il continue de recueillir des renseignements sur l’incendie en s’approchant de celui-ci.
Arrivée à l’incendie
Lorsque l’hélicoptère arrive sur les lieux d’un incendie, le commandant confirme l’emplacement de l’incendie et le besoin ou non d’avions-citernes ou d’autres ressources essentielles; il avertit également l’agent d’intervention du secteur qu’il recevra un rapport d’évaluation de l’attaque initiale. Ce rapport est une évaluation de la taille et de l’intensité de l’incendie, de sa vitesse et de sa direction, des possibilités de points chauds et de propagation, du type de combustible, des valeurs menacées par l’incendie dans la région, de la topographie, des routes d’accès, de la distance des lieux de pompage et de la cause probable de l’incendie (la foudre par exemple). Le commandant du lieu de l’incident formule également un plan d’action, y compris les tactiques, les ressources nécessaires et les problèmes prévus, les voies d’évacuation sécuritaires et les objectifs en matière de temps. Lorsque le rapport d’évaluation est terminé, les renseignements sont transmis au quartier général de la lutte contre les incendies.
Attaque initiale
Le vidéoclip suivant de 15 secondes montre un hélicoptère atterrissant sur le bord d’un lac, juste à côté d’un marécage. L’équipe d’attaque initiale sort de l’hélicoptère et commence à décharger le matériel de lutte contre le feu.
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Une fois que l’évaluation aérienne de l’incendie est terminée, le commandant du lieu de l’incident demande au pilote de l’hélicoptère d’atterrir à un endroit qu’il juge favorable pour que l’équipe puisse décharger l’équipement et commencer à lutter contre l’incendie. S’il n’est pas possible d’atterrir près de l’incendie parce que c’est dangereux (p. ex. : arbres morts ou roches), l’hélicoptère fera du vol stationnaire le plus près possible du sol et la personne chargée de la scie à chaîne fera une « sortie en vol stationnaire », puis dégagera le terrain pour que l’hélicoptère puisse atterrir en toute sécurité. Souvent, le seul endroit où une équipe peut débarquer d’un hélicoptère est dans un marécage. Lorsque ceci se produit, l’hélicoptère fait un vol stationnaire pendant que l’équipe débarque et décharge l’équipement sur un sol très humide et spongieux.
Stades de contrôle
Incendie hors contrôl
Le vidéoclip suivant de 23 secondes montre une équipe de garde-feu installant rapidement une pompe wajax sur le bord d’un étang et étendant des boyaux d’arrosage blancs jusqu’au bord de l’incendie. Le vidéoclip montre également le chef de lutte debout à côté de l’incendie et arrosant celui-ci avec un boyau pour éteindre les flammes.
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Lorsqu’une équipe de garde-feu arrive sur les lieux d’un incendie, cet incendie est désigné comme « hors contrôle ». À ce stade, le commandant du lieu de l’incident communique à l’équipe le plan d’attaque et les voies d’évacuation pour se rendre dans des zones sécuritaires hors d’atteinte du feu, comme des affleurements rocheux, des rivières ou des lacs. Tout renseignement recueilli sur les lieux de l’incendie est inscrit dans un registre et sert à rédiger le rapport final une fois que l’incendie est éteint.
Dans une équipe de quatre garde-feu, deux membres de l’équipe commencent à placer des boyaux d’arrosage jusqu’au bord de l’incendie tandis que les autres membres installent la pompe en faisant preuve de rapidité et de sécurité pour apporter de l’eau jusqu’au feu sans perdre de temps. L’équipe collabore de façon méthodique en se servant de leurs connaissances et compétences pour déployer les boyaux et arroser les combustibles qui brûlent ainsi que ceux qui ne brûlent pas jusqu’à ce que l’incendie ne puisse plus se propager.
Incendie contenu
Le vidéoclip suivant de 23 secondes montre un membre de l’équipe de lutte arrosant un arbre noirci et fumant ainsi que la zone autour de l’arbre dans le périmètre de l’incendie afin d’éteindre tout combustible chaud et fumant.
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Un incendie est « contenu » lorsque l’on ne prévoit aucune autre propagation de l’incendie, compte tenu des conditions du moment. Une fois que l’incendie est jugé « contenu », l’équipe continue de travailler lentement vers le centre de l’incendie en arrosant, en dispersant les combustibles brûlants et en éteignant les « points chauds » à l’aide d’eau et d’outils manuels. Le commandant du lieu de l’incident avertit le quartier général de la lutte contre les incendies lorsque l’incendie est jugé « contenu ».
Incendie maîtrisé
Un incendie est « maîtrisé » lorsqu’il est déterminé qu’il ne se propagera plus. Ceci peut être quelques minutes après l’arrivée de l’équipe mais il faut généralement compter des heures et même plusieurs journées, selon la complexité de l’incendie. Généralement, plus l’incendie est gros, plus cela prendra du temps à le maîtriser. Le commandant du lieu de l’incident avertit le quartier général de la lutte contre les incendies lorsque l’incendie est « maîtrisé », évalue quand l’incendie sera « éteint » et quand l’équipe sera prête à partir.
Nettoiement
Une fois que l’incendie est « maîtrisé », l’équipe travaille pour éteindre complètement le feu. Pour ce faire, il
faut marcher sur tout le territoire de l’incendie et surveiller de près la présence de points chauds ou de fumée. Des balayages infrarouges thermiques sont faits dans les airs pour déceler toute zone de l’incendie qui brûlerait encore. Les garde-feu se servent de ces renseignements ainsi que d’une méthode de « tâtonnage » qui utilise la vision, l’odorat et le toucher pour vérifier manuellement l’extinction des points fumants. Ce stade de lutte contre l’incendie utilise des outils manuels, comme des pelles, des haches, des outils Pulaski et des pompes à eau dorsales pour dégager les points chauds et disperser les combustibles puis les refroidir jusqu’à ce qu’ils soient éteints.
Incendie éteint
L’incendie est jugé « éteint » lorsque la fumée et les points chauds sont complètement éteints et que l’incendie ne peut pas se réallumer. Lorsque ceci est fait,
l’équipe de garde-feu commence à ramasser son équipement sur le terrain, à récolter les déchets comme les rubans pour marquer et les boîtes de boyaux, afin de laisser la zone dans le même état qu’à leur arrivée. Cette démarche écologique est adoptée pour chaque incendie lorsque cela est possible. Lorsque tout est terminé, l’équipe attend d’être ramenée à son camp de départ.
Compte rendu/récupération
Beaucoup de travail attend l’équipe de garde-feu lorsqu’elle retourne au camp de base avant qu’elle ne réponde à une autre demande d’attaque initiale. Le commandant du lieu de l’incident demande un compte rendu des membres de l’équipe pour déterminer si on pourrait améliorer la prochaine attaque initiale et rédige un rapport comprenant les résultats de l’enquête sur l’incendie, un devis des coûts et une carte. Ces renseignements sont entrés dans la base de données sur les incendies de l’Ontario à des fins d’analyse future.
Le commandant du lieu de l’incident supervise l’équipe pendant qu’elle récupère l’équipement de lutte qui a été utilisé avant de réaliser d’autres tâches administratives. Les activités de récupération comprennent le nettoyage, la réparation et la vérification du matériel de lutte utilisé sur la ligne de feu afin qu’il se conforme aux normes opérationnelles. Une fois la récupération terminée, une nouvelle unité d’attaque initiale est empruntée de l’entrepôt et l’équipe se prépare pour le prochain acheminement.
