Tortue géographique

(Graptemys geographica)

Préoccupante

 
 
Tortue géographique
Carte de présence pour la tortue géographique

Description

La tortue géographique tire son nom des lignes apparaissant sur le dessus de sa carapace, qui ressemblent aux lignes de contour d’une carte géographique. Ces lignes présentent des tons de jaune, de bronze ou d’orangé et ont des bordures sombres. Le reste de la carapace est vert olive ou brun grisâtre. Le dessous de la carapace, ou plastron ventral, a une coloration jaune pâle à blanc crème. La tortue géographique porte une tache jaune derrière chaque œil, et des lignes jaune vif forment des motifs complexes sur sa tête ainsi que ses pattes.

La femelle peut atteindre environ deux fois la longueur du mâle : elle peut dépasser les 25 cm, alors que le mâle mesure seulement 14 cm en moyenne. Les mâles et les femelles se différencient également par leur choix de régime alimentaire. De son côté, la femelle mange des mollusques, notamment des palourdes et des escargots, de même que des écrevisses et un peu de poisson. Quant au mâle et aux jeunes tortues, ils mangent surtout des insectes et des écrevisses.

La tortue géographique femelle peut mettre jusqu’à 10 ans à atteindre la maturité sexuelle. Une femelle effectue une seule ponte de 10 à 17 œufs par année au cours de la nidification, qui commence en juin et s’étend sur tout le mois de juillet. Les œufs éclosent à l’automne. Dans certains cas, les nouveau-nés passent l’hiver dans le nid.

 
 

Aire de répartition

L’aire de répartition de la tortue géographique s’étend de la région des Grands Lacs jusqu’à l’Oklahoma et le Kansas du côté ouest, jusqu’à la Louisiane du côté sud, et jusqu’à la barrière montagneuse des Adirondacks et des Appalaches du côté est. On retrouve des populations isolées au New Jersey et dans l’État de New York. Au Canada, on en retrouve dans le sud-ouest du Québec et dans le sud de l’Ontario. En Ontario, elle vit principalement sur les rives de la baie Georgienne, du lac Sainte-Claire, du lac Érié et du lac Ontario, et le long de grosses rivières comme la Thames, la rivière Grand et la rivière des Outaouais.

Habitat

La tortue géographique vit dans des rivières et aux abords des lacs, où elle prend du soleil sur des roches émergentes et des arbres abattus tout au long du printemps et de l’été. En hiver, elle hiberne au fond d’une rivière, dans une zone profonde où le débit est lent. Elle a besoin d’une eau de grande qualité où peuvent vivre les mollusques qui servent de proie à la femelle. L’habitat doit comporter des endroits adéquats pour permettre à la tortue de se réchauffer au soleil, notamment sur des roches ou du bois canard d’où elle aura une vue non obstruée et pourra immédiatement plonger dans l’eau si elle est surprise.

Menaces

En Ontario, la tortue géographique est menacée par la perte et la dégradation d’habitat attribuables à l’aménagement du littoral et à la diminution de la qualité de l’eau. La propagation d’espèces envahissantes comme la moule zébrée représente aussi une menace potentielle pour cette espèce. La tortue géographique court également le risque d’être frappée mortellement sur la route ou d’être blessée par les hélices de bateau.

Il se peut en outre que le commerce d’animaux domestiques contribue au déclin des populations de cette espèce aux États-Unis et au Canada. Puisque la tortue géographique ressemble à plusieurs espèces populaires dans ce commerce, il est bien possible que des tortues géographiques soient capturées et exportées illégalement.

Protection

La tortue géographique est désignée en tant qu’espèce préoccupante aux termes de la Loi sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario et de la Loi sur les espèces en péril du gouvernement fédéral. Bien que les espèces préoccupantes ne fassent pas l’objet de protection juridique aux termes de ces lois, elles bénéficient effectivement d’une certaine protection de la part de certains organismes, notamment les parcs provinciaux et nationaux. Les membres de cette espèce ont également été désignés comme des reptiles spécialement protégés aux termes de la Loi sur la protection du poisson et de la faune de l’Ontario.

Pour obtenir plus de renseignements sur les mesures législatives qui permettent de protéger les espèces en péril de l’Ontario, consultez le site ontario.ca/especesenperil.

Ce que vous pouvez faire pour venir en aide à la tortue géographique

  • Le ministère des Richesses naturelles fait le suivi d’espèces en péril comme la tortue géographique. Les responsables de l’atlas des reptiles et des amphibiens de l’Ontario (Ontario Reptile and Amphibian Atlas) enregistrent les observations de tous les reptiles et de tous les amphibiens de la province. Si vous avez des observations à signaler, veuillez utiliser les pages Web suivantes : nhic.mnr.gov.on.ca/species/species_report.cfm et www.ontarionature.org/atlas (en anglais dans les deux cas). Il est aussi très utile d’ajouter des photos, car elles sont importantes pour confirmer l’identification de l’espèce.
  • Signalez toute activité illégale se rapportant aux plantes et à la faune en composant le 1 877 TIPS-MNR (847-7667).
  • Les propriétaires de terrains privés ont un rôle important à jouer en ce qui concerne le rétablissement des espèces en péril. Or, il se peut que vous soyez admissible à des programmes d’intendance servant à la protection et au rétablissement des espèces en péril et de leurs habitats. Pour plus de renseignements, veuillez consulter le site ontario.ca/especesenperil.
  • Faites du bénévolat auprès d’un club de naturalistes ou d’un parc provincial de votre région pour prendre part à des relevés ou à des travaux d’intendance concernant les espèces en péril.
  • Les espèces envahissantes constituent une menace importante pour beaucoup d’espèces en péril de l’Ontario. Voyez ce que vous pouvez faire pour aider à réduire la menace des plantes envahissantes à l’adresse ontario.ca/especesenvahissantes, au www.especesenvahissantes.gc.ca, au www.invadingspecies.com (en anglais seulement) et au www.ontarioinvasiveplants.ca (en anglais seulement).
  • Faites du bénévolat auprès d’un club de naturalistes ou d’un parc provincial de votre région pour prendre part à des relevés ou à des travaux d’intendance concernant les espèces en péril.
  • Visitez le site Web de l’atlas des reptiles et des amphibiens de l’Ontario (Ontario Reptile and Amphibian Atlas – www.ontarionature.org/atlas) ou la page Adopt-a-Pond du zoo de Toronto (www.torontozoo.com/Adoptapond) pour en apprendre davantage sur les espèces de tortues rares de l’Ontario, sur leur habitat et sur les programmes de conservation connexes (sites Web en anglais seulement).

Le saviez-vous?

La tortue géographique femelle a des mâchoires très puissantes qui lui permettent de broyer la coquille des mollusques, sa principale source de nourriture.

Le saviez-vous?

La tortue géographique est extrêmement méfiante et plonge rapidement dans l’eau à la moindre provocation.

Le saviez-vous?

Les tortues géographiques ont une propension reconnue à se rassembler pour se réchauffer au soleil : on peut en retrouver une trentaine au même endroit, où elles peuvent s’empiler les unes sur les autres en plusieurs couches.

Le saviez-vous?

Les tortues géographiques prennent souvent du soleil à la surface de l’eau, sous des tapis de végétation flottante, exposant seulement leur tête ou leur nez au-dessus de la surface. Elles courent ainsi un grand risque de se faire frapper mortellement par des bateaux à moteur.