En voie de disparition
Description
La dysnomie ventre jaune (ou épioblasme ventrue) est une petite moule d’eau douce colorée. Elle fait de 4,5 à 7,5 centimètres de longueur. La coquille va du jaune brunâtre au vert jaunâtre et est ornée de fins rayons verts diffus. Cette moule peut vivre jusqu’à 15 ans. La femelle se distingue du mâle par le renflement prononcé d’un bord de la coquille.
Mesures que nous prenons:
Aire de répartition
En Amérique du Nord, l’aire de répartition de la dysnomie ventre jaune a diminué de 95 %. En Ontario, on ne la trouve plus que dans les rivière Sydenham et Ausable, dans le sud-ouest de la province. Les populations des lacs Érié et Sainte-Claire et de la rivière Détroit ont disparu.
Habitat
En Ontario, on trouve la dysnomie ventre jaune dans les radiers des rivières et des ruisseaux à fond de roche, de sable ou de gravier. Comme toutes les moules d’eau douce, cette espèce se nourrit en filtrant l’eau afin d’en extraire des algues et des bactéries. Les larves de moules sont des parasites qui s’attachent à un poisson (appelé « hôte ») dont elles se nourrissent jusqu’à leur métamorphose en juvéniles, après quoi elles s’en détachent. On croit que la dysnomie ventre jaune pourrait avoir plusieurs hôtes en Ontario : le dard noir, le dard barré, le dard à ventre jaune, le raseux-de-terre, le dard arc-en-ciel, le fouille-roche, la truite brune et le chabot tacheté. La présence de ces poissons est un élément clé de la pérennité d’une population de moules de cette espèce.
Menaces
La principale menace qui pèse sur la dysnomie ventre jaune est la dégradation de son habitat par l’envasement, qui résulte de l’accumulation excessive de sédiments provenant des zones agricoles et urbaines voisines. La pollution et les espèces envahissantes sont aussi très problématiques. La moule zébrée, une espèce originaire d’Europe introduite accidentellement, est responsable de la disparition des populations de dysnomie ventre jaune des lacs Érié et Sainte-Claire et de la rivière Détroit. Cette espèce envahissante se fixe en colonies sur les moules indigènes, ce qui les étouffe ou les empêche de s’alimenter. Un déclin des populations de poissons hôtes pourrait également constituer une menace.
Protection
La dysnomie ventre jaune est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario.
Pour obtenir plus de renseignements sur les mesures législatives qui permettent de protéger les espèces en péril de l’Ontario, consultez le site ontario.ca/especesenperil.
Ce que vous pouvez faire pour aider la dysnomie ventre jaune
- Le ministère des Richesses naturelles surveille les espèces en péril comme la dysnomie ventre jaune. Vous pouvez utiliser un formulaire en ligne pour rapporter vos observations au Centre d’information sur le patrimoine naturel. Des photographies et des coordonnées cartographiques sont toujours utiles. nhic.mnr.gov.on.ca/nhic_f.html
- Signalez toute activité illégale se rapportant aux plantes et à la faune en composant le 1 877 TIPS-MNR (847-7667).
- Les espèces envahissantes constituent une grave menace pour un grand nombre d’espèces en péril de l’Ontario. Pour savoir ce que vous pouvez faire pour contribuer à réduire la menace que représentent les espèces envahissantes, visitez les sites ontario.ca/especesenvahissantes, www.invadingspecies.com, www.ontarioinvasiveplants.ca (en anglais seulement) et www.especesenvahissantes.gc.ca.
- Faites du bénévolat auprès d’un club local de la nature ou d’un parc provincial afin de participer à des études ou à des activités d’intendance environnementale axées sur les espèces en péril.
- Les propriétaires fonciers ont un rôle très important à jouer pour le rétablissement des espèces en péril. Si vous trouviez une dysnomie ventre jaune dans un cours d’eau situé sur votre propriété ou à proximité, vous pourriez être admissible à des programmes d’intendance qui appuient la protection et le rétablissement d’espèces en péril et de leur habitat. Pour plus de renseignements, consultez le site ontario.ca/especesenperil.
- Vous pouvez contribuer à améliorer l’habitat des moules et à garder l’eau de l’Ontario propre en préservant la végétation naturelle en bordure des ruisseaux et des rivières. Les racines des plantes réduisent l’érosion et peuvent empêcher le sol d’être entraîné dans un cours d’eau. Clôturez les abords des ruisseaux afin d’empêcher le bétail (et son fumier) de se retrouver dans l’eau. Il y a bien d’autres gestes que vous pourriez poser pour réduire l’érosion; vous pourriez même être admissible à une aide financière. Pour obtenir de plus amples renseignements, rendez-vous sur le site Web de l’Association pour l’amélioration des sols et récoltes de l’Ontario (AASRO) :www.ontariosoilcrop.org .
Le saviez-vous?
La dysnomie ventre jaune peut pêcher. Les larves de moules ne peuvent survivre qu’en s’attachant à un poisson dont elles se nourrissent (comme un véritable parasite). La dysnomie ventre jaune femelle expose un leurre blanc pour attirer un poisson et le piéger dans sa coquille. Elle éjecte ensuite un nuage de larves qui se fixent au poisson piégé.
Le saviez-vous?
Les peuples autochtones récoltaient les moules pour se nourrir et pour créer des bijoux ou fabriquer des outils. Dans les années 1800, des quantités énormes de moules ont été récoltées dans la rivière Grand pour fabriquer des boutons. Des millions de boutons ont été vendus hors territoire chaque année, jusque dans les années 1940, lorsque le plastique est devenu plus populaire.
Le saviez-vous?
Les moules sont un bon indicateur de l’état d’un écosystème. En raison de leur cycle vital complexe, de leur longévité (certaines vivent jusqu’à 100 ans!) et de leur mode d’alimentation (en filtrant l’eau, elles captent les polluants), les moules donnent un portrait instantané de l’état des cours d’eau où elles vivent.
Le saviez-vous?
La dysnomie ventre jaune est probablement l’espèce de moule la plus menacée de disparition de l’Ontario. On estime en effet ne pouvoir trouver cette moule qu’en moins de 15 endroits dans toute la province.
Communiquez avec votre bureau local du ministère
Souvent, la meilleure source de renseignements sur les espèces en péril est votre bureau du MRN. Communiquez avec lui pour poser des questions ou faire part de vos inquiétudes.

