Disparue (on ne retrouve plus cette espèce en Ontario)
Description
Le mélissa bleu mâle est un beau petit papillon ayant une amplitude de 2,5 cm, soit environ la taille d’une pièce de vingt-cinq cents. Ses ailes bleu nuit ont une bordure noire accompagnée d’une frange blanche extérieure. La femelle est semblable, mais elle a une coloration plus foncée allant du bleu mauve au brun mauve, et les extrémités de ses ailes présentent une rangée de taches foncées bordée de croissants orange. Tant chez le mâle que chez la femelle, la face antérieure des ailes est gris argenté pâle avec des points noirs et des croissants orange le long des côtés extérieurs. Les larves sont recouvertes de poils très fins, et leur coloration les protège des prédateurs, car elle correspond au même ton de vert que les feuilles des plantes sur lesquelles elles vivent.
Le mélissa bleu femelle pond ses œufs sur le lupin vivace ou à proximité de cette plante, qui représente la seule source de nourriture de la larve. Deux générations de papillons naissent chaque année. Au printemps, les œufs pondus l’année précédente éclosent pour donner une première génération de chenilles. Ces chenilles se métamorphosent ensuite en chrysalides, puis en papillons adultes au mois de mai. Ces adultes se reproduisent et pondent leurs œufs en juin. Les œufs éclosent après une semaine, et les chenilles se nourrissent pendant trois semaines avant de se transformer en chrysalides, pour ensuite se métamorphoser en papillons adultes vers la fin de l’été. Les œufs pondus par cette génération n’écloront qu’au printemps suivant.
Mesures que nous prenons:
Aire de répartition actuelle
Le mélissa bleu forme des populations isolées dont l’aire de répartition s’étend d’est en ouest depuis le New Hampshire et l’État de New York jusqu’au Minnesota, en passant par le sud de l’Ontario et les États riverains des Grands Lacs. Le mélissa bleu a disparu de certains des États faisant partie de cette aire de répartition, mais quelques-uns (tels que l’Ohio et le New Hampshire) sont en train de le réintroduire.
Ancienne aire de répartition en Ontario
Les plus récentes observations du mélissa bleu ont été enregistrées vers la fin des années 1980 à Port Franks et à St. Williams, dans le sud de l’Ontario. Cependant, certains documents indiquent que cette espèce a déjà été plus répandue, des spécimens ayant été observés à Toronto, à London et à Sarnia.
Raison de sa disparition de l’Ontario
La perte d’habitat est responsable du déclin des populations de mélissa bleu sur l’ensemble de son aire de répartition. Une bonne partie des habitats de type savane et lande qui se trouvaient auparavant en Ontario ont été détruits par des activités de développement ou par un phénomène de succession naturelle qui a permis l’arrivée de plantes faisant de l’ombrage. Or, l’ombrage empêche la croissance du lupin vivace, qui a besoin d’un habitat dégagé et ensoleillé. La cessation des feux incontrôlés, qui permettaient auparavant de garder les habitats dégagés et libres d’arbustes faisant de l’ombrage, fait aussi partie des facteurs qui contribuent à la perte de ces habitats de plus en plus rares.
Habitat
L’habitat du mélissa bleu se limite aux endroits où pousse le lupin vivace : les sols sableux, les landes à pins sableuses, les dunes de plage et les savanes à chênes.
Protection
Pour plus de renseignements sur les lois qui visent à protéger les espèces en péril de l’Ontario, veuillez consulter le site ontario.ca/especesenperil.
Contribuez à empêcher la disparition d’autres espèces en péril de l’Ontario
- Le ministère des Richesses naturelles fait le suivi d’espèces en péril comme le mélissa bleu. Si vous observez des spécimens de ces espèces, une façon pratique de le signaler au Centre d’information sur le patrimoine naturel consiste à utiliser le formulaire en ligne qui se trouve au nhic.mnr.gov.on.ca(en anglais seulement). Il est aussi très utile d’ajouter des photos accompagnées de coordonnées cartographiques ou de données sur les emplacements précis.
- Signalez toute activité illégale concernant les plantes et les animaux sauvages au 1-877-TIPS-MNR (847-7667).
- Les propriétaires de terrains privés ont un rôle important à jouer en ce qui concerne le rétablissement des espèces en péril. Or, il se peut que vous soyez admissible à des programmes d’intendance servant à la protection et au rétablissement des espèces en péril et de leurs habitats. Pour plus de renseignements, veuillez consulter le site ontario.ca/especesenperil
- Faites du bénévolat auprès d’un club de naturalistes ou d’un parc provincial de votre région pour prendre part à des relevés ou à des travaux d’intendance concernant les espèces en péril.
Le saviez-vous?
C’est le romancier Vladimir Nabokov qui, en 1944, a été le premier à identifier le mélissa bleu.
Le saviez-vous?
Le mélissa bleu a une espérance de vie d’environ cinq jours au stade adulte.
Le saviez-vous?
La chenille du mélissa bleu se nourrit exclusivement des feuilles du lupin vivace. Quant au papillon adulte, il ne dépend pas exclusivement du lupin, puisqu’il tire sa nourriture de diverses plantes à fleurs.
Le saviez-vous?
Les chenilles du mélissa bleu profitent d’une relation de mutualisme avec des fourmis construisant des nids à dôme, lesquelles les protègent contre les prédateurs, dont les araignées, et contre les parasites. En échange, les chenilles excrètent une substance sucrée que consomment les fourmis.
Le saviez-vous?
Le déclin des populations de lupin vivace et des écosystèmes de savane et de lande a aussi causé la disparition de deux autres espèces de papillons de l’Ontario : le lutin givré et l’hespérie Persius de l’Est.
Communiquez avec votre bureau local du ministère
Souvent, la meilleure source de renseignements sur les espèces en péril est votre bureau du MRN. Communiquez avec lui pour poser des questions ou faire part de vos inquiétudes.

