L'extrait ci-dessous est tiré du Rapport de 1887 du Commissaire des Terres de la Couronne de l'Ontario
Les rapports sont accessibles en ligne en cliquant sur le lien : Access Annual Reports Online
Le système de service des incendies, inauguré en 1885, donne toujours des résultats satisfaisants. Cinquante-cinq garde-feux étaient sur le terrain au cours de la dernière saison par rapport à quarante-cinq en 1886 et à trente-sept en 1885.
Le coût du service cette année s'élève à 15 000 $ par rapport à un coût de 9 847,75 $ en 1886, et de 7 911 $ en 1885. Ces chiffres indiquent une volonté accrue de la part des titulaires de permis de profiter des avantages du service. La dernière saison a occasionné le plus de frais en raison de la sécheresse. Les exploitants du bois d'œuvre, pour autant qu'ils s'en souviennent, indiquent qu'il s'agit de la saison la plus sèche et dangereuse jusqu'à présent.
Monsieur William Mackey d'Ottawa, un ancien exploitant prospère, indique qu'en quarante-deux ans de travail, il n'a jamais été confronté à une telle situation. Comme il a été indiqué auparavant, les garde-feux sont choisis par les bûcherons, et s'ils sont approuvés, ils sont désignés par le service qui paie leur salaire. La moitié des coûts sont payés par les titulaires de permis à la fin de la saison. Les membres du personnel choisis de cette façon se sont avérés efficaces, prompts à agir et énergiques dans l'accomplissement de leurs tâches. La supervision commune par le service et les titulaires de permis garantit une vigilance rigoureuse.
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| Insigne des garde-feux de l'Ontario |
Les garde-feux sont mandatés pour demander de l'aide afin de prévenir ou maîtriser les feux de brousse, au besoin, en accordant une rémunération équitable pour ces services. En 1885 et 1886, les dépenses encourues pour assistance n'ont pas été très coûteuses, puisqu’il y a eu peu d'incendies et un temps moins sec. Il s'agit toutefois de la première année pour laquelle la lutte contre les incendies de forêt a dû être systématiquement assumée et l'organisation s'est révélée adéquate pour répondre aux urgences.
Les garde-feux ont demandé de l'aide lorsqu'il était nécessaire de le faire et des groupes d'hommes ont combattu « l'élément destructeur » jour et nuit dans différents secteurs de la province, ils ont d’ailleurs réussi à maîtriser les flammes en de nombreuses occasions. Jusqu'à 100 hommes en plus des garde-feux habituels étaient au travail à diverses périodes. Il n'est donc pas surprenant de constater le dépassement des coûts prévus pour le service.
Comme la saison sèche s'est poursuivie tard à l'automne, il n'a pas été possible d'obtenir tous les comptes, vérifiés et payés, à la fin de l'année, pas plus que les remboursements recueillis. Seuls 10 770,03 $ de frais figurent aux comptes publics de l'année, et 5 000 $ à être versés l'an prochain. Pour faire face à ces coûts, il a été proposé d'augmenter la prévision pour ce service de 10 000 $ à 15 000 $. Le coût net pour le service sera toutefois de 7 500 $ puisque, comme il a été mentionné auparavant, les titulaires d'un permis remboursent la moitié de la somme.
En plus de protéger les aires de permis de coupe, il a été prévu l'an dernier et cette année, que des garde-feux s'occuperaient des zones adjacentes aux terres publiques sur lesquelles des permis de coupe ne peuvent être accordés, qu'ils superviseraient ces dernières, particulièrement les zones vendues récemment. Les rapports des garde-feux soulignait le danger qui menace le bois d'œuvre des terres publiques, plusieurs incendies s'étant propagés, qui à défaut d'efforts soutenus auraient pu et auraient probablement détruit du bois-d’œuvre pour des millions de dollars.
Les pionniers, je suis content de le dire, se sont montrés avides de protéger les terres boisées des incendies, ils ont été plus prudents qu'auparavant et ont participé aux efforts de suppression des incendies lorsque les garde-feux leur ont demandé de le faire.
La coutume voulait qu'à la fin de chaque saison on demande aux titulaires de permis le nombre de garde-feux qu'ils avaient embauchés, combien d'incendies s'étaient produits, le bois d'œuvre endommagé ou détruit et le montant des pertes réellement encourues. On demandait également les causes des incendies et ce qui pourrait être fait pour rendre le service plus efficace. Malheureusement, les réponses en 1885 et en 1886 n'étaient pas aussi complètes qu'on l'aurait souhaité, mais cette année, quarante des plus importants concessionnaires forestiers de la province ont répondu à toutes les questions.
Ces réponses semblent révéler que le service dépasse les attentes. Ces données indiquaient que cinquante-cinq garde-feux avaient été embauchés et que 110 incendies distincts avaient endommagé sérieusement 200 millions de pieds de planches de pin. La perte réelle était évaluée à 70 000 $.
Nul doute que la présence des garde-feux et que les mesures actives et rapides prises par ces derniers ont évité des pertes matérielles et ont réduit de façon importante les pertes. En outre, les titulaires de permis ont obtenu des renseignements fiables sur la quantité de bois d'œuvre endommagé, la situation des incendies, la force requise pour s'occuper du bois cette saison avant que les larves ne causent des dommages importants. Tous ces éléments ont permis à la province et aux titulaires de permis d'économiser des sommes importantes.
Toutes les réponses reçues des concessionnaires indiquaient l'approbation du service et demandaient de poursuivre et de prolonger son utilisation. Même les concessionnaires n'ayant pas profité de ces services admettaient sa valeur et son effet bénéfique. Les suggestions pour rendre le service plus efficace, bien que peu nombreuses, sont tout à fait pratiques. Ceux dont le territoire est protégé par les garde-feux exigent avec véhémence et en toute impartialité qu'un permis d'exploitation soit octroyé uniquement si un garde-feu couvre le territoire en question. Comme il arrive fréquemment, les personnes indiquent que les feux de brousse s'échappent vers les zones où il n'y a pas de garde-feu. Les garde-feux du territoire adjacent doivent se rendre sur les lieux et empêcher l'incendie de devenir incontrôlable et de se propager aux zones de leurs employeurs. Il a également été suggéré de ne pas permettre de colonisation sur les territoires de pins. Il convient de noter que cette colonisation n'est désormais plus permise par le service.
D'autres suggestions de moindre importance ont été faites, toutes portant sur une supervision accrue, mais aucune n'exige une loi, puisque la loi actuelle sur la prévention des incendies permet de satisfaire toutes les suggestions faites.
Les causes principales des incendies sont la négligence de la part des colons lors du déboisement du territoire. Ils allument un feu pour brûler les découpures sans se soucier des environs ou du temps prévu, en allumant souvent des feux en période de sécheresse extrême et par grand vent. Les draveurs allument des feux pour cuire les aliments et laissent des points chauds sans surveillance sans les éteindre. Les chasseurs, les pêcheurs, les touristes et les explorateurs imprudents allument des feux dans des endroits très inflammables et quittent les lieux, laissant le vent souffler sur les braises qui se transformeront peut-être en sinistre important. Ils laissent tomber les allumettes ayant servi à allumer une pipe sur les feuilles et les broussailles sèches et, à une occasion, un incendie important a commencé à partir d'une bourre de fusil sans flammes. Dans un ou deux cas, des étincelles provenant de locomotives ont été la source du danger.
Pour conclure, je souhaite souligner la situation dangereuse qui semble exister et, par conséquent, la nécessité de prendre toutes les mesures possibles pour en réduire l'impact. Lorsqu'on sait qu'une allumette lancée négligemment peut entraîner, pour la province, des millions de dollars de perte en bois d'œuvre qui se sont envolés en fumée, il est important de se départir des concessions forestières aussi tôt qu'on constate l’avance de la colonisation. La vente du terrain permet d’obtenir une prime et d’accroître la supervision; une supervision que la Couronne ne peut offrir.
Les incendies étaient circonscrits à la portion est ou à celle où s’était établie des colonies dans la province, aucun incendie de grande ampleur n'a été signalé dans les districts d'Algoma, de Thunder Bay ou de Rainy River.
Nous proposons de continuer à offrir le service au cours de l'été prochain en respectant les mêmes principes que ceux mentionnés ici et de déployer tous les efforts requis pour la réussite de ce projet.
